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NOS COMPORTEMENTS DE NON DITS AU TRAVAIL : un effet miroir ?

Nos comportements « dire ou ne pas dire » sont plus souvent guidés par la peur de paraître incompétent, par la peur de mal faire, ou de décevoir…la liste est longue.

Pensez donc…si personne ne dit les choses, où va le monde (j’ai déjà entendu ça)

Sortir des non dits a plein d’avantages en comparaison aux inconvénients, outre celui de dépasser de vieilles croyances personnelles (qui nous pénalisent)  …lisez ceci…

  • Ne pas dire c’est remettre SON POUVOIR à un autre : en vous  mettant en position de ne pas dire,  vous êtes malheureusement le jouet de quelqu’un ( « objectalisation » dixit KG Jung)
  • Ne pas dire c’est cacher la réalité : ne pas tout dire, pour de bonnes raisons (il y en a toujours), pour protéger…correspond à déresponsabiliser l’autre et surtout, cela va entretenir ses « illusions » (par exemple, c’est au chef de « me prendre en charge », « c’est lui qui « me sauvera »)
  • Souhaiter que « les autres » soient responsables à votre place et se chargent de dire à votre place ce que vous pensez en votre for intérieur …n’est pas possible…il faudrait être grand clair pour deviner ce qui n’est pas dit et énoncé clairement par vous
  • Idem, si je réclame du temps à mon boss et que je m’en plaint, demandez vous d’abord si vous donnez assez de votre temps à vos collaborateurs ? je ne parle pas du temps qui passe sur votre montre, mais de la vraie écoute accordée aux autres (on croit qu’on écoute alors qu’on parle souvent à la place des autres et qu’on les empêche de donner leur avis)  : ceci équivaut exactement au fait de ne pas donner de temps aux collaborateurs.
  • En ne disant pas les choses..…nous allons jusqu’à nous manipuler nous même…Nous cachons (nous omettons, nous embellissons les situations, nous nous abstenons de dire, par peur…peur du jugement ? Conséquences ? des situations inconfortables qui nous mettent en position de « SAUVEUR » (le sauveur ne demande rien à personne et fait tout seul ou tout pour les autres). Chaque sauveur se plaint ensuite de ne pas avoir de reconnaissance…Souvent j’entends « tel boss ne me dit pas tout », « il ne m’écoute pas », « il me manipule pour arriver à ses fins ». Pour ne plus être manipulé (si c’est votre ressenti), acceptez de vous révéler à vous même et acceptez de vivre la vie que vous aimeriez avoir. On se manipule tous nous mêmes à accepter l’inacceptable …alors avant de trouver en l’autre un coupable facile, il vaut mieux vérifier en soi où nous en sommes de nos propres « manipulations » (contre nous mêmes; sous la forme de petits arrangements..et d’ailleurs, nous ne nous disons pas tout à haute voix…)
  • Quelqu’un d’important a dit dans le passé ; « qui es tu pour juger l’autre » ? je crois que je comprends..en effet, qui est-on pour dénoncer celui qui nous « ment » et nous « manipule »,  alors que, pour commencer, nous nous « mentons » tous les jours à nous même…nous nous manipulons nous mêmes. On « ne dit pas » alors qu’il faudrait certainement oser dire…on continue une relation alors qu’elle est terminée,  on accepte volontiers de payer très chère la place d’un match de foot et l’idée qu’un joueur de foot gagne 30 millions de dollars mais on dénonce les millions de tel PDG en partance…qui est on pour dénoncer alors que nos pratiques sont de la même « nature » que ce que nous dénonçons  ? « Cessons d’être gentils. Soyons VRAIS » (Merci Thierry d’Assembourg. Très bel ouvrage que je conseille)
  • Qui sommes nous pour « dire aux autres ce qu’ils devraient faire si nous mêmes nous ne nous appliquons pas cette règle ? (en tant que rédacteur, je me mets aussi dans la liste, dont worry..j’ai encore des parties sombres)
  • NE PAS SAVOIR DIRE NON C’EST NE PAS SE RESPECTER SOI MEME et comme conséquence, celle de rentrer dans une spirale ou vous ne serez « pas respecté » (ou du moins vos aurez cette impression d’être « utilisé par »)
  • Or, dire non c’est : préserver l’autre et parfois lui « sauver la vie »
  • Anticiper les demandes de ses collaborateurs, de sa hiérarchie c’est pro ..mais à force…c’est risqué…ils pourront en abuser.. et vous, vous finirez par vous en agacer et eux se retourner contre vous (réf : le triangle de S. Karpmann, triangle dramatique, ou cf. le joli film de gérard jugnot « Oui, mais « ),
  • Enfin, si vous persistez à ne pas savoir dire non, sachez que ça porte un nom : le « SAUVEUR » (réf : analyse transactionnelle). Il agit ainsi pour obtenir des signes de reconnaissance. Le besoin de  RECONNAISSANCE PERSONNELLE nous fait comettre des actes que nous pourrions regretter. Souvent, nous nous SUBSTITUONS à QUELQU’UN (qui a pourtant 2 jambes et 2 bras),  on fera à sa place…mais nous ne recevrons rien en retour. Enfin, « sauver l’autre » (faire à la place, en faire plus que de mesure)  c’est le « surprotéger » et donc lui cacher la réalité et lui enlever une chance de s’y mettre lui même.

Alors dire ou ne pas dire ? telle est la question. Ce que je voulais expliquer ici c’est qu’il vaut mieux se regarder soi même dans un miroir (preuve d’humilité) avant d’aller s’en prendre à quelqu’un. On parle bien « d’effet miroir »).

Ces quelques lignes ne sont pas une leçon de morale de ma part. Voyez cela comme de la bienveillance et un bon conseil qui  vous économiseront bien des souffrances morales au travail.

Démotiver ? Cest hyper rapide ! « L’impuissance apprise « 

Comment enseigner le découragement en 5 minutes
Je suis tombé sur une vidéo très intéressante qui tourne pas mal sur les réseaux sociaux ces derniers jours. On y voit Charisse Nixon, prof de psychologie à la Penn State Behrend (Pennsylvanie), proposer un exercice très simple à ses étudiants.

Chacun d’eux reçoit une feuille sur laquelle figurent trois mots et doit trouver une anagramme pour chaque mot. Dès qu’ils ont trouvé la première anagramme, les élèves doivent lever la main. Très rapidement, la moitié de la classe trouve, lève la main, laissant l’autre moitié perplexe. La prof demande de passer au deuxième mot, là aussi la moitié de la classe trouve très vite et lève la main, pendant que l’autre moitié est de plus en plus dépitée.

Tout l’intérêt de cette petite expérience réside dans le fait que le troisième mot est le même pour tout le monde. Pourtant, seuls les élèves qui avaient les anagrammes faciles trouvent l’anagramme, aucun élève à qui on avait donné deux premiers mots impossibles ne trouve le troisième.

« Repensez à ce qui ce passait en vous, à l’école  quand vous avez vu  » les meilleurs «  lever la main car ils avaient résolu un exercice et pas vous. Qu’avez-vous ressenti à ce moment-là ?

– Je me suis senti stupide.

– J’avais envie de partir.

– Je me sentais encore plus confus.

– Frustré…

– J’ai perdu confiance en moi.

En fait …vous venez de faire l’expérience de l’impuissance apprise, conclut C. Nixon.
« L’impuissance apprise ».
Ce que Charisse Nixon vient de mettre en évidence de manière spectaculaire est l’impuissance apprise (parfois désignée sous le terme de résignation acquise) traduction française du Learned Helplessness théorisé par le psychologue comportementaliste américain Martin Seligman, un des premiers à s’intéresser aux « modifications comportementales induites par l’exposition à l’incontrôlabilité ». Dans les années 60-70, Seligman montre qu’un animal exposé à de petites décharges électriques incontrôlables s’enfonce dans l’apathie et la résignation et ne discerne plus les moments où il peut contrôler la situation. Le sujet intègre durablement que ce qui lui arrive est indépendant de son comportement, ce qui a trois conséquences

– il a du mal à comprendre qu’il peut avoir prise sur les événements (déficit cognitif)

– sa motivation baisse fortement, il n’émet plus de réponses volontaires (déficit motivationnel)

– il s’enfonce dans une forme de dépression (déficit émotionnel)

Chez l’homme, des comportements similaires sont observés, à quoi il faut ajouter : de la frustration, de l’agressivité dans certains cas, de l’abattement et une chute de l’estime de soi la plupart du temps, surtout si le sujet observe que d’autres parviennent à faire ce qui lui échappe. L’homme développe aussi des stratégies spécifiques : puisqu’il est mis en situation d’échec, il minimise son investissement personnel dans la suite de l’expérience, afin de pouvoir expliquer un nouvel échec par un manque d’efforts plus que par un manque de capacités.
Le psychologue canadien Marc Vachon estime que l’impuissance apprise repose sur trois caractéristiques :
– le sentiment que la situation est permanente, ce que trahit l’utilisation de mots comme toujours, jamais, personne, etc. « Je n’y arriverai jamais ! »
– le sentiment d’être victime, que l’on retrouve dans des phrases telles « Ce n’est pas ma faute ! Je n’y peux rien. »
– le sentiment d’envahissement : tous les secteurs de notre vie sont affectés par le changement.

Résignation et échec scolaire

On peut observer les conséquences de l’impuissance apprise dans tous les domaines de la vie quotidienne, notamment professionnel. La manipulation de Charisse Nixon, dans la vidéo, est également là pour rappeler que, menée à haut degré de subversion, l’impuissance apprise est une arme redoutable, utilisée par exemple dans les interrogatoires à Guantanamo.

Pour ce qui nous concerne, l’impuissance apprise est une manifestation psychologique que l’on retrouve fréquemment à l’école, dans les situations d’échec scolaire.

Tout enseignant aura reconnu, dans les termes décrits ci-dessus, l’élève en difficulté qui s’enfonce petit à petit dans la certitude qu’il n’est pas capable, qu’il n’y arrivera pas, qu’il a beau essayer, les résultats viennent montrer son incapacité à comprendre, à faire, à essayer, à oser. Son estime de soi est mauvaise, voir les autres réussir renforce ces sentiments. Son degré de motivation est fluctuant, dans le meilleur des cas ; il « s’évade » dès qu’il peut, se soustrait au groupe dont il se sent de facto exclu. Il peut s’enfermer dans une attitude physique de renoncement, de fatigue continuelle. Afin de rétablir l’équilibre psychologique interne, il peut développer des comportements agressifs, voire violents, envers ses pairs et / ou l’adulte. A mesure qu’il grandit, l’impuissance apprise s’enfonce profondément en lui, plonge ses racines là où elle sera bientôt hors de portée, comme inscrite définitivement dans son ADN d’écolier.

Comment lutter contre l’impuissance apprise, alors ?… On perçoit, à travers l’explication du phénomène, quels peuvent être les leviers : la confiance en soi, l’estime de soi, donc la valorisation, notamment face au groupe, la nécessité de réussir régulièrement et de ne pas être confronté continuellement à l’échec, donc la différenciation, le maintien par l’enseignant d’une attitude résolument positive et notamment la maîtrise par l’enseignant de son discours et du vocabulaire employé, le travail en petits groupes fondé sur l’étayage par les pairs…

Et, quoiqu’il arrive, une attitude bienveillante, ce qui est plus facile à dire qu’à faire en toute occasion, car l’enseignant peut aussi se sentir démuni, agacé, … impuissant.

Les besoins que nous avons tous sans exception au travail : des échanges entre nous et de la confiance avec la capacité à se dire les choses : à lire.  C’est urgent et ça marche 

29/10/2015 18:35«J’ai été la directrice du bonheur de la Sécurité sociale belge»

INTERVIEW – Laurence Vanhée explique à « 20 Minutes » les résultats qu’elle a obtenus en cherchant à rendre ses salariés plus heureux…

Elle a été élue « DRH de l’année 2012 » en Belgique. Laurence Vanhée était à Paris ce jeudi, invitée par l’Université du bonheur au travail pour partager son savoir. Cet événement organisé par la Fabrique Spinoza, un think-tank du bonheur citoyen, forme jusqu’à samedi des chefs d’entreprise et des managers aux valeurs du bonheur au travail.

1. Ce n’est pas une blague : vous étiez, jusqu’en 2013, la directrice générale (DG) du bonheur à la Sécurité sociale belge… Mais qu’est-ce que c’est que ce poste ?

Un titre que je me suis auto-administré en 2010. J’ai été recrutée en novembre 2009 au poste de DRH mais je ne voulais pas être en charge des « ressources », je ne voulais plus à avoir à les exploiter… Je l’avais fait tout au long de ma carrière et cela m’avait conduit au burn-out. Plutôt que de piloter des ressources, j’ai préféré considérer que je gérais un patrimoine. Mon objectif était donc de prendre soin de ce patrimoine pour finir par le transmettre à un autre DG dans un état au moins équivalent, si ce n’est meilleur.

2. Comment ce titre de DG du bonheur, que vous aviez fait inscrire sur votre carte de visite, a-t-il été accueilli ?

Par beaucoup de railleries. A la Sécurité sociale, mais également dans les autres ministères. On m’a notamment traitée de « Bisounours ».

3. Et vous ne l’étiez pas ?

Non, j’étais ancrée dans la réalité. Je voulais rendre les gens heureux car je pressentais, sans en avoir encore la preuve, que le bien-être des salariés était le meilleur moyen de faire fonctionner le système.

4. Quelle a été votre recette pour rendre vos salariés heureux ?

Leur donner la liberté de travailler où, quand et comment ils le souhaitaient. Les salariés sont des adultes, ils font des choix dans leur vie privée et je ne vois pas pourquoi ils n’en feraient pas également dans leur vie professionnelle. Il s’agit toutefois de donner le bon degré d’autonomie à chacun. Pas assez de liberté peut étouffer, trop peut perdre. Et il y a une limite : notre liberté doit s’arrêter là où commence celle des autres.

5. Ce qui signifie ?

A titre personnel, j’avais demandé qu’aucune réunion m’impliquant ne débute avant 10 heures pour que je puisse amener mon fils à l’école. Mais, si un salarié avait besoin de me voir à 9 heures, je l’acceptais. Là s’arrêtait ma liberté. Plus généralement, nous avons permis à 92 % de nos 1.400 salariés de télé-travailler. Au final, 69 % ont sauté le pas, de 1 à 3 jours par semaine. L’impératif était d’être joignable de 10h à 12h et de 14h30 à 16h. En dehors de ces horaires, chacun était libre de s’organiser comme il le voulait.

6. Pourquoi ne pas avoir offert cette possibilité à tous les salariés ?

Les 8 % restants ne pouvaient pas être concernés parce que leur présence physique était indispensable. C’était le cas, par exemple, des réceptionnistes. Pour compenser cette iniquité, nous leur avons proposé de les payer 7h30 pour 6 heures de travail effectif. Parallèlement, nous avons supprimé tous les bureaux individuels au profit de bureaux partagés.

7. Comment cette décision a-t-elle été accueillie ?

Il a fallu éduquer les salariés à cette nouvelle organisation. Nous leur avons fourni à chacun des outils, et notamment des ordinateurs portables, performants et nous leur avons appris à numériser leurs dossiers. Nous avons également créé de nombreux espaces : de réunion, de convivialité, de projets où les équipes pouvaient se poser pendant plusieurs jours ou semaines si nécessaire, etc. Nous avons par ailleurs mis fin aux évaluations individuelles.

8. Les salariés n’étaient donc plus évalués ?

Si, mais de manière collective. Ce qui passe par la définition d’objectifs collectifs. Pour chaque mission, nous nous sommes demandé ce que nous voulions faire et chacun a défini sa part de contribution à ces objectifs communs. Nous avons créé des temps où les salariés échangeaient entre eux pour dire ce qui allait et ce qui n’allait pas. La pression sociale de ses pairs est le meilleur moteur pour donner le meilleur de soi-même. Les syndicats ont d’ailleurs eu beaucoup de mal avec ça…

9. Mais ces échanges n’ont-ils pas tourné au pugilat, en mode « dîner presque parfait » ?

Pas du tout, parce que les salariés n’étaient pas dans la compétition mais dans l’émulation. Ils ont appris à se donner du retour avec bienveillance, à être autocritiques, à se dire ce qui va et, quand ça ne va pas, à ne pas chercher un coupable mais la solution pour ne pas répéter l’échec. Nous avons donné à nos salariés le droit, non pas à la faute, mais à l’erreur. L’objectif était de renouer avec le but initial d’une entreprise : créer de la valeur ensemble.

10. Quid de la hiérarchie ?

Nous n’avons fait sauter aucun niveau, mais les « chefs » sont devenus des « leaders ». Ils n’avaient plus à être dans le contrôle, ils avaient trois nouvelles missions. Primo : communiquer une vision inspirante à leurs équipes. Deuzio : s’assurer que chaque collaborateur est en situation de succès, c’est-à-dire qu’il dispose de la bonne attitude, de la bonne quantité de travail et qu’il puisse fournir du bon travail. Tertio : simplifier la vie de ses équipes.

11. Quel a été le résultat de ces recettes ?

La réorganisation des espaces et de l’organisation du travail nous a permis d’économiser 12 millions d’euros par an en frais locatifs et associés. Nous avons enregistré zéro jour de grève, le taux de démission a baissé de 75 %, l’absentéisme, de 26 %, et la productivité s’est accrue de 20 %. Alors que nous avions de plus en plus de difficultés à recruter, nous sommes devenus l’un des employeurs les plus sexy de Belgique : les candidatures spontanées ont progressé de +500 % chaque année.

12. Mais comment une entreprise, en manque d’effectifs et de moyens, peut-elle mettre en place un tel système… N’est-il pas réservé aux « riches » ?

Quand on n’a pas d’argent, il faut innover. Il y a des milliers de choses à mettre en place qui ne coûtent rien d’autre que de la volonté… et du temps. Certes, ce temps a un coût, mais ce qu’il rapporte est inimaginable. Parfois, il suffit de se pencher sur ce que les collaborateurs font de « pénible » et de se demander si cela est nécessaire. Par exemple, à la Sécurité sociale, nous produisions de nombreux rapports pour les ministères… Des pavés que personne ne lisait ! Nous avons décidé d’arrêter. A la place, nous leur avons dit que s’ils avaient une question précise à nous poser, nous y répondrions. Je suis persuadée que toutes les structures, dans tous les métiers, peuvent s’organiser de manière différente pour rendre leurs salariés plus heureux.

13.Pourquoi êtes-vous partie ?

J’avais défini la vision pour la Sécurité sociale jusqu’en 2016, les équipes s’autogéraient… Tout fonctionnait si bien que je n’étais plus utile. D’ailleurs, je n’ai pas été remplacée. Et puis, j’avais envie de créer ma propre entreprise, ce que j’ai fait en 2013 en lançant Happyformance. Nous aidons notamment les entreprises à se transformer positivement.

Propos recueillis par Céline Boff

Recherche d’emploi : pour ne pas perdre pied, à lire

À lire et à appliquer  » asap » en recherche d’un emploi, car comme le démontre Emoto avec l’eau, ça s’applique dans le cas de la recherche d’emploi : 

1. avoir une offre claire pour le marché vous ouvrira la route ( une offre = une intention si claire de ce que vous voulez faire et où vous voulez travailler), 

2. tandis que s’adapter systématiquement aux annonces et aux souhaits des recruteurs (en modifiant son discours et son CV en fonction de chaque nouvelle petite annonce) vous donnera le vertige et ce sera la porte aux doutes et à de moins bons résultats. Accrochez vous.
Rôle de nos pensées et nos émotions dans la modification du monde qui nous entoure

COMPRENDRE ET EVITER LES TENSIONS : LES JEUX DE POUVOIR (JEUX PSYCHOLOGIQUES)

Éric BERNE a été le premier à définir le jeu en inventant l’Analyse Transactionnelle, et il en a démontré le caractère dramatique immuable, digne d’une tragédie antique des jeux qui font notre quotidien, en entreprise, et dans nos vies !

Les jeux psychologiques ou encore jeux de pouvoir sont plus que jamais à leur paroxysme et démontrent à quel point nous sommes en manque de repères, de reconnaissance, et de sens. Nous constatons tous la montée des tensions, des épuisements, des conflits, qui sont bien le révélateur d’une époque qui a développé la rareté de la reconnaissance et qui en subit les conséquences par la montée des jeux psychologiques.

Un jeu (de persécuteur, de victime, de sauveur), c’est une séquence relationnelle qui aboutit à un « bénéfice négatif » pour les partenaires. Les jeux se déroulent selon des règles et des caractéristiques répétitives suivantes :

1. Ils sont involontaires (les partenaires ne sont pas conscients d’entrer dans un jeu).

2. Ils sont répétitifs : chaque joueur a ses jeux favoris et les répète dans le temps.

3. Ils impliquent un échange de transactions cachées ; le niveau psychologique est différent du niveau social.

4. Ils comportent un moment de surprise : les rôles changent brusquement et les partenaires du jeu éprouvent le sentiment de « s’être fait avoir ».

5. Ils permettent de revivre des sentiments inefficaces.


LE TRIANGLE DRAMATIQUE : c’est le nom qu’a donné Steven Karpman à ces 3 rôles de Sauveur-Persécuteur-Victime. Ces rôles sont terribles car ils nous collent à la peau et qu’en plus ils sont mouvant. Si je suis Sauveur, alors je deviendrais un Persécuteur et je terminerai Victime. Pas facile à admettre.

Le Persécuteur méconnaît la valeur des autres.

Le Sauveur méconnaît la capacité des autres à agir, ressentir ou penser par eux-mêmes.

La Victime méconnaît sa propre valeur.


LES COMPORTEMENTS GENERATEURS DE JEUX

Types de comportements —> Exemples :

Généraliser en permanence
« Tu es toujours catégorique… »
« Tu n’es jamais d’accord… »
« Comme d’habitude, tu… »

Lire les pensées des autres
« Je sais ce que tu vas dire »
« Je sais ce que tu penses … »

Mettre des étiquettes
« Toi, le macho… »
« Toi, la féministe… »
« Toi, le prof… »

Parler de tous les problèmes à la fois
« Je voulais te dire à propos du client X, mais avant pour le parking, il faut trouver une solution ! Et puis, pendant que je te tiens, j’aimerais qu’on parle du dossier Y.»

Se montrer excitable, nerveux
« J’en ai marre… »
« C’est bientôt fini ! »
« Ne m’énervez pas ! »

Pratiquer les menaces
« Si vous continuez, ça ira mal »
« C’est ça ou la porte »

A l’origine, pourquoi « jouons nous » ? :

Le manque de reconnaissance, le manque de sécurité (ou va-t-on ? que vais je devenir ? qui fait quoi ici ? ) et le manque de stimuli.

J’ai remarqué que l’ennuie (manque de stimuli) est créateur de jeux. A l’ennuie on lui préfère le drame.

Attention, personne n’échappe à ces jeux la. Personne. Ils sont très inconscients et sont liés à nos personnalités. Nous avons tous plus ou moins un jeux que l’on préfère, et qui est la résultante de notre éducation.

Comme me l’a appris Christine Chevalier (experte en Analyse Transactionnelle au sein de ATORG à Paris), les jeux ? si on est dedans, c’est qu’on les a soi même allumé ! mais évidemment, je ne l’ai pas accepté lorsqu’elle me l’avait dit. C’était il y a bien des années. Et pourtant, reconnaître cela, l’accepter, nous redonne du pouvoir. Le pouvoir de se sortir des situations dans lesquelles nous nous mettons nous mêmes. Mais notre petit égo nous met un bandeau sur les yeux car il est quand même beaucoup plus facile d’accuser autrui de nos malheurs que de reconnaître que nous sommes à l’origine de nos maux. J’entends quelques personnes réagir et me dire lorsque ce sujet est abordé, que cela ne les aide pas de savoir qu’elles sont à l’origine de leurs propres malheurs. Cela a le don de les irriter et de stimuler leur culpabilité « à n’être pas assez bien ». « Comprenez vous Patrick, ce que j’entend la ne m’aide pas car cela renforce le fait que je ne suis donc pas quelqu’un de bien ». Justement, il est intéressant de repérer ce scénario répétitif de la victime en nous ! je leur dis alors que c’est l’occasion pour elle de repérer ce jeux (celui de la victime), et qu’une fois repéré, on a le moyen de stopper ce perpétuel enchainement.

Je vous propose donc de découvrir ou de redécouvrir ces 3 jeux dans lesquels nous baignons : leur descriptif, les bénéfices que nous avons à « jouer » ainsi, et comment les éviter.

Sachez avant tout qu’on peut « sortir des jeux de pouvoir » en nourissant nos soifs, nos soifs fondamentales.
:

– 1ère soif : en rebâtissant nos stimuli (le sens que nous donnons à notre vie, les stimuli quotidiens, nos objectifs dans la vie, ce que nous aimons vraiment faire et les moyens que nous nous donnons à les réaliser, se construire et se donner des projets qui nous plaisent et nous rendent heureux)

– 2ème soif : en donnant de la reconnaissance aux autres et en s’en donnant à soi ; plutôt que d’accuser les uns et les autres et de leur trouver tous les défauts du monde, au lieu de chercher la bagarre, commençons à encourager, à féliciter, à ne pas juger, à essayer de ne pas se juger soi même, ni à être dur avec soi. Commençons à reconsidérer notre point de vue sur nos jugements critiques. Donner des encouragements à notre entourage va amener cet entourage à nous en donner en retour. Ne pas chercher à être parfait en tout, accepter l’erreur, se pardonner de ne pas savoir, être compatissant avec soi. Il ne s’agit pas d’être laxiste, il s’agit de ne plus être dur avec soi et avec les autres. Eric Berne qui a inventé l’Analyse Transactionnelle parlait de feed back, plutôt que de jugements. Le « oeil pour oeil – dent pour dent » procure t’il le résultat escompté ? à nous de tenter l’inverse, parfois au prix de son égo, pour ne pas alimenter les jugements et les conflits. A nous de dépasser les blessures d’amour propre pour commencer à donner aux uns et aux autres des signes positifs plutôt que des signes négatifs. On parle de compréhension ou de sagesse. Certes, cela a un prix. Celui de l’effort ?

– 3ème soif : En se donnant des points de repère. L’Homme avance mieux lorsqu’il a structuré et solidifié les bases de sa vie. C’est cette « structure », cette stabilité qui a tendance à disparaître depuis quelques années; nous en perdons notre sécurité personnelle. Au travail, qui parmi nous aujourd’hui a le même hiérarchique plus de 18 mois ? qui n’a pas vu l’entreprise qui nous emploie changer de nom 3 fois en 5 ans ? d’actionnaire ? d’organigramme ? ne plus savoir pour quoi / pourquoi nous allons travailler ? Ce besoin de stabilité-sécurité, dit de « structure » s’affaiblissant, il s’agira de se la créer, en trouvant en nous ce qui contribue à nos repères, à notre sécurité.

Voici les 3 profils des joueurs :

DES JEUX BIEN CONNUS

I. LES JEUX DE PERSECUTEUR : SES BENEFICES ET SOLUTIONS

Exemples de jeux de persécuteurs :

1. Le « Ball-trap »
« Oui… mais » (Berne)
« Why don’t you ?
Yes… but… »

Description :
Demander de l’aide et écarter toute proposition d’un : « Oui… mais… »

Bénéfice négatif :
Colère
Irritation
mépris

Comment l’éviter :
Ne pas donner de conseils.
Interroger sur les tentatives et les idées de l’autre.

2. Incitation à la haine
« Battez-vous » (Berne)
« Let’s you and him fight »

Description :
Révéler à une personne un jugement critique confié confidentiellement par un tiers.
Mettre deux personnes en rivalité face à face « Voyez avec X »

Bénéfice négatif :
Plaisir d’observer sans être impliqué.
Dominer

Comment l’éviter :
Dire :
« Chacun a ses opinions, ses goûts, ses façons de faire et d’être ».
Demander un RV à 3

3. La Revanche
« Je te tiens, mon salaud » (Berne)
« Now, I’ve got you  »

Description :
Relever une erreur, un oubli, une faute chez celui qui vous a fait un reproche.

Bénéfice négatif :
Œil pour œil, dent pour dent !
Triomphe !
« Souviens-toi du vase de Soissons »

Comment l’éviter ?
Plaisanter : « Tu m’as eu ! Un partout !
« Si on repartait sur de nouvelles bases ? »

4. Au pied !
Le maître-chien

Description : Donner un ordre sec, sans remarque fondée.

Bénéfice négatif :
Domination

Comment l’éviter ?
Se protéger.
Poser des questions pertinentes.

5. Dramaturgie
La Scène (Berne)
Uproar

Description : Faire un drame pour éviter de régler le problème

Bénéfice négatif :
Incapacité
passivité

Comment l’éviter :

Dire : « Pouce ! »
Questionner et faire reformuler

6. Bras de fer
« Le mien est mieux que le tien » « Berne)
Mine is better than yours

Description : Se mettre en compétition malsaine avec l’autre.
Exagérer ses difficultés pour qu’elles soient plus grandes que celles des autres.

Bénéfice Négatif :
Vouloir se sentir le plus fort.
Justifier sa passivité ou son échec.
« Oh oui ! Mais moi, c’est pas pareil !

Comment l’éviter ?
Refuser la rivalité : s’interroger sur ses capacités à régler le problème.

7. L’Appeau
Viol (Berne)

Description :
Attirer les autres en les flattant : « Vous qui savez tout », ou en les appâtant : « j’ai appris que … je ne vous en dis pas plus… »

Bénéfice négatif :
Triompher en déstabilisant par une question piège. Garder une information qui rend tout-puissant.

Comment l’éviter ?
Dire : « Non, je ne sais pas tout ».
Attendre sereinement, refuser les sous-entendus.

8. Les dévalorisateurs
Défauts (Berne)
Blemish

Description :
Dire du mal des chefs, des collègues, des élèves.

Bénéfice négatif :

Être rassuré en masquant ses propres faiblesses.

Comment l’éviter ?

Dire : « Et si on parlait de ce qui marche bien ? » « Nous avons tous nos faiblesses ».

9. Les Manipulateurs
« Coincer » (Berne)
Corner

Description : Empêcher l’autre de faire ce qu’il envisage en démontant toutes ses propositions : il est coincé

Avantage négatif :
Triompher ou bloquer

Comment l’éviter ?

Être adulte : il y a plusieurs options pour régler cette situation.

10. Trop poli…
« Chéri(e) » (Berne)
Sweetheart

Description :
Être exagérément flatteur, voire obséquieux, pour pousser la personne à faire ce dont elle n’a pas envie

Bénéfice négatif : Se sentir supérieur, Manipuler

Comment l’éviter ? Dire : « Merci, mais parlons sérieusement.

II. LES JEUX DE SAUVEUR

1. C’est bien parce que c’est vous !
« If it weren’t for you »

Description : Faire sentir avec insistance que ce que l’on fait est une faveur personnelle.

Bénéfice négatif : Supériorité donnée par le geste charitable.

Comment l’éviter ? Attention à la co-dépendance.

2. Tous dans le même bateau; Tous solidaires

Description : Refuser d’accepter les différences. Protéger les moutons noirs.

Bénéfice négatif :
Éviter de prendre parti.
Se protéger. Masquer les différences.

Comment l’éviter ?
Oser porter un jugement factuel et motivé.

3. L’arrangeur arrosé « j’essaie simplement de t’aider » (Berne)
« I’m only trying to help you »

Description : Intervenir dans les discussions ou les conflits, les désaccords, sans y avoir été convié. Apporter de l’aide à celui qui ne demande rien.

Bénéfice négatif :
Colère.
Les autres sont des ingrats.

Comment l’éviter ?
Attendre la demande des autres pour intervenir.
Demander : « Qu’attends-tu de moi ?
Que veux-tu que je fasse ?»

4. Y’à qu’à…Faut qu’on …J’ai la solution

Description : Donner une solution toute faite, de manière péremptoire, pour tout problème.

Bénéfice négatif : Avoir un sentiment de supériorité, la certitude de posséder la science infuse.
Éviter de réfléchir.

Comment l’éviter ?
Être réaliste : il y a plusieurs façons de répondre à un problème. Toute solution a ses défauts.

5. Je vous défendrai toujours

Description : Arranger la réalité. Nier les faits pour éviter qu’une personne soit sanctionnée d’une manière ou d’une autre.

Bénéfice négatif : Être aimé, remercié, sollicité. « Soyez sympa ! Défendez-nous ! »

Comment l’éviter ? Tout n’est pas défendable.
Est-ce rendre service à quelqu’un que de le survaloriser ?

6. Ca ira ! Ca ira !

Description :
Nier les difficultés qui surgissent en les balayant, en les niant globalement.

Bénéfice négatif :
Garder sa sérénité et son optimisme en se cachant les difficultés.

Comment l’éviter ?
Dire :« Et si on regardait les choses en face pour résoudre les problèmes, et pour se réjouir de ce qui va bien ? »

7. Les Colombes

Description : Refuser les conflits. Se taire dès qu’il y a un léger désaccord ou une divergence d’opinion, de conception…

Bénéfice négatif :
Vivre l’entente dans une passivité confortable.
Éviter la souffrance.

Comment l’éviter ?
Attention ! La paix prépara la guerre : Munich en 1938 !
Remplir des carnets de timbres prépare des explosions gênantes.

8. Le pyromane pompier
Plaisir du Persécuteur reconverti en Sauveur : divulguer des informations, diviser et se proposer pour réconcilier.

Bénéfice négatif : : Être tout-puissant. Se montrer indispensable.

Comment l’éviter ? Refuser de demander de l’aide pour régler ses problèmes de personnes à personne.

9. Au four et au moulin

Description : En faire trop.
« Workalcoolic » : heures supplémentaires, week-ends, soirées..

Bénéfice négatif : Éprouver de la joie à se savoir indispensable.

Comment l’éviter ?
Attention : au four, au moulin et … à l’hôpital.
Prendre soin de soi.

10. L’arbitre
Tribunal (Berne)
Courtroom

Description : Tenir le rôle de l’avocat dès qu’une personne est critiquée ou évaluée.
Ne pas supporter qu’une personne accepte un reproche.

Bénéfice négatif : Se comporter en Zorro !
Satisfaction de défendre la veuve et l’orphelin et tous les opprimés.

Comment l’éviter : Refuser de laisser quelqu’un décider à sa place.
Être autonome.
S’informer sur ses droits.


III. LES JEUX DE VICTIME

1. Ce n’est pas moi, c’est lui !
« Regarde ce que tu m’as fait faire » (Berne)
« See what you made me do »

Description : Rejeter sur l’autre la responsabilité de ses actes.

Bénéfice négatif : Être innocent. Masquer sa peur.

Comment l’éviter ?
On est toujours un peu concerné !
Parler de ce qui dépend de soi.

2. Et pourtant, j’ai tout fait.
« Regarde comme j’ai essayé » (Berne)
« Look how hard I’ve tried »

Description : Présenter ses échecs comme inévitables et pardonnables en faisant valoir que l’on a tout envisagé et essayé.

Bénéfice négatif : Justifier sa passivité sans subir de blâme. Refuser une aide quelconque puisque tout a été fait.

Comment l’éviter ? Il y a toujours quelque chose à tenter.
Stimuler l’Adulte.
Envisager toutes les possibilités.

3. Fais-le à ma place, aide-moi ! (Berne)
Do me something

Description : Appeler l’autre à l’aide et chercher à lui faire faire son travail ou résoudre les problèmes à sa place.

Bénéfice négatif : Être satisfait de ne rien faire et d’être pris en charge.

Comment l’éviter ? Être autonome.
Ne pas trop attendre des autres.
Ne pas se laisser piéger.

4. « Engueulez-moi ! Merci »
« Donnez-moi des coups » (Berne)
« Kick me »
Gendarmes et voleurs (Berne)
Cops and robbers

Description : Provoquer les autres en étant maladroit, agressif, désagréable, pour être rejeté.
Courir des risques en contournant les lois établies, pour se faire prendre. Tricher, voler.

Bénéfice négatif : Ressentir une excitation, puis de la tristesse.
Se prouver que l’on est rejeté de tous et que c’est bien mérité. Se faire rattraper au vol pour se prouver que l’on est aimé malgré tout

Comment l’évite ?
Être moins dépendant des autres.
Encourager les réussites.

5. Sans toi : si j’étais seul dans le système !

Description : Se plaindre de ne pas pouvoir réussir à cause des autres : « Il y a toujours quelqu’un qui m’empêche… »

Bénéfice négatif : Éviter les reproches éventuels, les situations qui font peur. Être pur.

Comment l’éviter ? Faire confiance aux autres. Gérer ce qui dépend de soi.

6. Gémir
« C’est affreux ! » (Berne)
« Ain’t it awful ! »

Description : Se plaindre de tout, de tous et de rien.

Bénéfice négatif : Chercher le réconfort, attirer la sympathie et ne rien faire.

Comment l’éviter ? Changer de sujet.

7. C’est trop fort pour moi
Stupide (Berne)
Stupid

Description : S’avouer incapable de faire ou de comprendre ce que l’on veut vous donner à faire.

Bénéfice négatif : S’endormir dans la passivité, ne rien faire. Être pur : « C’est pas ma faute, je suis incapable ».

Comment l’éviter ? Faire son bilan personnel.
Préciser ses capacités.
Expérimenter pour vérifier.

8. Éreinté (Berne)
Harried
Marche ou crève

Description : Se plaindre d’être crevé, fatigué, débordé.

Bénéfice négatif : Chercher la sympathie et le réconfort.

Comment l’éviter ? Faire le tri entre l’important et ce qui peut attendre.

Et vous ?

(lisez et surlignez ce qui vous semble proche de votre / vos agissements)

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États d’âme sur le jugement

Ne pas se juger soi même ni les autres. Lorsque l’on juge quelqu’un, on cherchera aussi à le punir. Tout jugement s’accompagne du châtiment
: Il l’a toujours été ainsi, c’est, et ce sera encore.

Alors qu’arrive t’il quand on se juge soi même ? Lorsque l’on se condamne comme on le fait tous, si spontanément, chaque jour ?

On va chercher à se punir. A se condamner.

Toute punition trouvera sa façon de se manifester en fonction de ce que nous sommes. Cherchez bien….je me puni tu te punis ils qe punissent…

Alors comment rester serein ?
Méditer ?
La grande mode nous vient d’orient. Je ne sais pas vous, mais depuis que « tout le monde médite » je n’ai jamais vu autant de jugements, d’épuisements professionnels et d’égos mis en avant :  » moi je médite d’après telle méthode »  » moi je suis l’enseignement de tel courant « .

Je ris doucement. Jaune. Souvent.

Car une fois les 20 minutes de meditation passées (ou le week end stage en groupe passé), c’est le retour aux habitudes. On juge. On exclu. On s’en prend à l’un à cause de…sa trop grande liberté….On l’envie. On ne parle pas avec lui. On monte des personnes de son entourage dans le sens de ce jugement pour se rassurer que l’on a raison de vouloir exclure celui qui me dérange tant.

Il dérange car il est si joyeux ! Et en plus il ne médite pas ! En plus il ne mange même pas bio….

Plutôt que de Méditer 20 minutes par jours et d’être toujours aussi exécrables, si nous passions plutôt nos journées complètes à respecter les grandes règles de ces maîtres de la meditation plutôt qu’à les théoriser en processus. J’entend des râleurs qui ont encore envie de me répondre que la meditation leur a permis de diminuer leur stress. Je veux bien le croire. Tout n’est pas à exclure. Je vois aussi des gens plus sereins. Mais pas plus libres !
Mais quand je les vois stressé car ils n’ont pas pu méditer depuis 2 jours je me dis que le monde tourne à l’envers ! Ils en font un nouveau stress ! Quand ils ne sont pas réguliers, ils s’en veulent et se jugent. A nouveau ! Plutôt que de se forcer à faire de la meditation allez voir Florence Foresti ! Vous passerez de meilleurs moments ( quand elle est en forme) et comme tout plaisir entraîne une joie vous aurez envie s’embrasser votre secrétaire au boulot !

Mais alors c’est ce que veut nous dire Patrick ? Oui !
Que méditer c’est plus simple que ça en a l’air ! Ca commence par l’ouverture du cœur.

Dire bonjour. Ne pas juger. Aider. Donner. Se donner de la joie. Allez voir un bon film. Partager du temps avec son chéri et ses enfants ou des animaux de compagnie. Pendre soin de sa voiture. De son voisin. Se faire plaisir. Se donner de la joie. Prendre soin de sa maison. Allez chercher son fils à l’école alors que ce n’était pas prévu. Surprendre. Cuisiner pour sa femme. Aider la caissière de son supermarché à retrouver le sourire après une agression verbale d’une cliente. Aller se promener un peu. La où le plaisir réside, alors l’énergie de la meditation bien faite avec plaisir se manifestera aussi.

Toutes ces petites joies quotidiennes sont miraculeuses pour soi.
Ajoutez si vous voulez un coussin et chantez le Om. Ca fait pas de mal. Mais soyez vigilant ! Ne restez pas dans une bulle ! Vivez vos valeurs en les faisant passer du stade du  » coussin  » de mèditation à l’action quotidienne, par un comportement ouvert, chaleureux et stimulant plutôt que l’inverse. Les méditant que je rencontre me font parfois froid dans le dos. Entre grisaille et retrait, ils ne sont pas toujours très avenant,
déçus qu’ils sont de la vie, d’un système corrompu etc…de nos aliments pollués etc…

Je connais des personnes assidues à la meditation ou à toute autre technique de relaxation, de Reiki, etc… et qui font cela a fond mais quand je vois chez elles des comportements qui ne me donnent pas envie, des jugements de valeur, de la tristesse, de la lourdeur et de la méfiance, je me dis que ce n’est pas logique. Je me prend à penser à la femme de ménage toujours d’humeur égale et que tout le monde aime et qui le leur rend bien. Elle ne médite pas. Elle aime. Cest toute la différence. Elle accueille. Elle donne envie. Elle ne parle pas dans le dos des autres. Elle comprend. Elle vous rassure. Et elle vient en aide à des sans abris. Elle cuisine. Elle crée ! Et s’en porte bien!

Souvent, changer passe par un investissement financier. Ces « techniques » de relaxation ou de meditation ou de zenitude sont chers !

L’occidental est très mental, alors sans doute que comme tout est dans notre tête, nous nous sommes éloignés du cœur dans ces pratiques de relaxation ou de meditation. Ca soulage sur l’instant mais le lendemain matin les jugements reviennent et la gentillesse est mise au placard. Je pense parfois que cela aggrave chez certains les problèmes d’ego . Cest souvent le piège. La sectorisation n’est pas loin.

Comment alors stimuler autrement notre positif ?

Je propose cela à faire tous les matins dans sa salle de bain : s ‘aimer, cest le but. Alors voici ce que je propose de vous demander pour la journée : « quoi faire aujourd’hui pour me montrer de l’amour ?  » et cest tout ! Affirmez le fort !  » que puis je faire aujourd’hui pour me montrer de l’amour à moi ? « .
Et lâchez prise ! Cest â dire, laissez venir â vous tous les possibles ! Soyez dans l’accueil de ce qui pourrait arriver en vous ouvrant au maximum à tout ce qui peut arriver. Ne cherchez pas à y mettre de conditions. On veut recevoir mais seulement ce qui est connu. L’inconnu fait peur. Alors on ferme d’avance tout ce qui pourrait venir à nous. La nouveauté fait peur vous dis-je. Alors prononcez bien fort ces mots : que puis je faire aujourd’hui pour me montrer que je m’aime ?. Et ouvrez en grand les bras même si ce n’est pas dans vos habitudes. N’oubliez pas que la liberté fait peur et que l’on est capable de se saboter soi même … Alors soyez forts
et ouvrez au maximum les bras.

Le reste ? Que faire du reste le matin sous la douche ? Les problèmes ? La maladie ? Les Impots ? Les rv professionnels à  » enjeux « ? La vie de chaque jour ? Que pense Patrick de ça ? Ça existe ! Et bien … Mon avis ? « Plus t’y penses » disait Dolto, « plus tu amplifies le problème ». Mon avis est que le problème n’a pas besoin de vous pour continuer à exister !
Par contre, l’amour de vous même a besoin de vous savoir disponible pour lui ! Tous les matins.

Si vous avez des doutes sur cette déclaration d’amour à vous même, venez me prouver le contraire. Le contraire ? Cest quoi le contraire ? Si c’est faire marcher la vie à la baguette par des  » je veux  » incessant et des réussites au prix de gros efforts… Je n’en veux pas. J’ai déjà donné.
Parfois et souvent au prix de son corps malade ! Et d’un « toujours plus » qui nous bouffe ! Je n’en veux pas.

Alors qu’essayer de se demander les matins « que faire pour me donner de l’amour ce jour », déclenchera des idées et des rencontres. Des synchronicités, selon Karl Gustav Jung lui même.

Et enfin je vous propose de contrebalancer tous les blâmes naturels que vous vous adressez.
En choisissant 5 compliments pour votre journée qui prend fin.

Une fois seul. Le soir. Avec vous même. Notez même ces 5 compliments.

Fait tous les soirs, cela vous permet de vous endormir en meilleure forme et de vous lever avec la ferme intention de vous demander :  » comment faire aujourd’hui pour me montrer que je m’aime ? « .

Patrick
Paris
20 02 2015

Le vol organisé de notre économie

Lion Capital saigne les surgelés Picard
C’est un exemple qui pourrait nourrir à la critique du néolibéralisme de Frédéric Lordon. L’Agefi révèle que les surgelés Picard vont augmenter leur dette de 88% pour pouvoir payer un dividende de 600 millions. Comme une impression de rançonnage ou de pillage par des actionnaires-brigands…

Des chiffres qui donnent le tournis

Les chiffres sont étourdissants et merci à l’Agefi de parler de ce qui n’est pas juste un fait divers mais est sans doute trop typique du mode de fonctionnement de notre économie, où les actionnaires se comportent comme les piranahs des entreprises qu’ils possèdent, qu’ils pressurent ou découpent comme des carcasses de bêtes mortes. Picard réalise 1,3 milliards d’euros de chiffres d’affaires pour 10% de marges. D’abord racheté en 2001 par Candover, puis par BC Partners en 2004, avant de devenir la propriété de Lion Capital en 2010, pour 1,5 milliard d’euros dont 975 millions à crédit, Picard va émettre 425 millions de dettes à 5 ans et augmenter de 325 millions sa ligne à taux variables.

Comme le rapporte l’Agefi, « Fitch a placé sous perspective négative sa grille de notation (…) L’agence souligne que l’opération va faire bondir de 88% » la dette. Les près de 750 millions de dettes de plus vont permettre à Picard de verser un dividende exceptionnel de 602 millions d’euros, près de la moitié du chiffre d’affaires annuel et 4 à 5 fois les bénéfices annuels ! Comment ne pas avoir l’impression que les surgelés Picard sont rançonnés par leurs actionnaires, contraints qu’ils sont d’emprunter pour payer des dividendes juteux, qui permettront à Lion Capital de mettre du beurre dans ses épinards, et faire in fine payer par les consommateurs les juteuses rémunérations du fond.

Un capitalisme actionnarial indécent

Malheureusement, les exemples effarants se multiplient, outre ceux cités par Frédéric Lordon. Et le monde de la finance n’est pas le seul à s’être illustré. Il y tout juste un an, la bible de la globalisation néolibérale, The Economist, s’était ému des 2,5 milliards de dollars de bonus extraordinaires des 40 dirigeants d’ABI (dont 289 millions de dollars pour le seul PDG), obtenus en vendant pour quelques années des filiales de l’entreprise à des fonds d’investissement, pour les racheter quelques années plus tard, bien plus cher, dans un jeu financier effarant. The Economist a aussi dénoncé la vogue des rachats de leurs propres actions par les entreprises, pas moins de 500 milliards de dollars !

Tout ceci montre qu’il y a un vrai problème structurel dans l’organisation de nos sociétés, qui donne un pouvoir délirant aux actionnaires (qui sont sans doute aussi ceux dont HSBC organisait la désertion fiscale), qui se comportent comme des vautours pour l’économie réelle. Car derrière ces milliards de dettes, de dividendes, et de rémunérations pour les actionnaires et les dirigeants (dont les intérêts sont alignés avec les premiers), il y a aussi de nombreux emplois détruits ou transférés dans des pays à bas coût. L’indécence de ce capitalisme actionnaire dérégulé devient chaque jour plus éclatante, au point que mêmes les gazettes qui défendent cette dérégulation en prennent un peu conscience.

Merci donc à l’Agefi de faire la chronique de ce capitalisme devenu cannibale où une petite élite largement inconsciente, se repêt des entreprises qu’elle possède ou dirige. Il faut rappeler ces anecdotes qui n’en sont pas pour permettre la prise de conscience de la nécessité d’un vrai changement.

Le Petit Prince nous parle de bon sens

Un article paru dans l’hebdomadaire l’Entreprise relayé par L’Express, Article tout simple, écrit par Marie-Madeleine Sève en complicité avec l’Edhec management et publié le 13/05/2014

Cet article reprend des préceptes du bon sens humain.

Bonne lecture…avec des yeux d’enfant.

Patrick Krzyzosiak,

Coach habilité Transformances Pro

Six leçons de Saint-Exupéry pour manager son équipe :

Pionnier de l’Aérospostale et écrivain, Antoine de Saint-Exupéry a traversé des moments où sa vie ne tenait plus qu’à un fil, perdu dans la tempête, échoué dans un désert hostile… Il s’est alors tourné vers l’essentiel, comme devraient le faire les managers. Sur la planète du travail, l’allumeur de réverbères du Petit Prince de Saint-Exupéry se réfère à « la consigne » sans en connaître le but, et il ne s’arrête jamais. Saint-Ex a vécu la plus belle aventure « technique » de son époque. Homme d’action, bienveillant, visionnaire, il témoigne de profondeur sans idéologie. Ses écrits accessibles à tous (1), peuvent éclairer le manager, lui donner des clés pour retrouver la capacité de faire et d’aller vers ce qui est fondamental, pour soi, l’équipe, la collectivité. Voici six de ses principaux messages.

 

  1. La nécessité de repères stables

« Il faut, autour de soi, pour exister, des réalités qui durent. On ne peut pas vivre sans le soutien des invariants. » (in Courrier Sud)

>> Des points de stabilité permettent d’affronter ce qui bouge, vite, trop vite. Tout changer à la fois perturbe, et crée de la résistance à la nouveauté, même si c’est pour moderniser des méthodes, un outil, un environnement. Certaines habitudes de travail restent vertueuses, il faut les identifier pour les conserver.

  1. Le souci de la finalité des choses

« La grandeur d’un métier est peut être avant tout d’unir les hommes, mais il n’y a qu’un luxe véritable et c’est celui des relations humaines. » (in Terre des hommes)

>> La finalité fonde les efforts communs, crée l’efficacité, fédère les compétences. Une simple considération technique ne suffit pas. Il s’agit de donner une signification profonde à un projet (l’utilité d’un savoir, d’un produit, etc.) puis d’indiquer la direction, avec des jalons progressifs, ciblés à court ou long terme. L’autre avantage est d’apaiser les esprits, sinon le collaborateur risque de courir droit au burn-out. Sur la planète du travail, c’est ce que vit l’allumeur de réverbères du Petit Prince : il se réfère à « la consigne » sans en connaître le but, et il ne s’arrête jamais.

  1. La densité de l’instant présent

« Car il est bon que le temps qui s’écoule ne nous paraisse pas nous user et nous perdre, mais nous accomplir. Il est bon que le temps soit une construction ». (in Citadelle).

>> Mû par l’urgence, l’homme étouffe, stationnaire, il s’ennuie. Pour Saint-Ex, il faut savoir goûter l’instant, le rendre efficace et savoir s’en contenter. Le zapping déconstruit et épuise. Souvent, en entreprise, les solutions doivent être très rapides, le chiffre d’affaires s’arrache au jour le jour : c’est contradictoire avec le fait qu’on imagine des plans d’action sur le long terme. Il faut aussi viser l’essentiel, sinon, sa journée est gaspillée par l’accessoire.

  1. La force de l’échange

« Enseigner d’abord l’échange, car, hors l’échange, il n’est que racornissement. » (in Carnets). « Si je diffère de toi, loin de te léser, je t’augmente. » (in Lettre à un otage)

>> Saint-Ex a établi des ponts entre les pays, les gens, les civilisations. Il a brassé des univers différents. Il nous dit que l’échange est la base de la confiance et qu’il présuppose le respect mutuel : on se parle à égalité. Il faut échanger l’action, la parole, le don de soi. Le manager doit laisser ainsi ses collaborateurs exprimer leurs idées, leur vérité, sinon ils se sentiront dévalorisés. C’est la condition de la performance authentique. A lui aussi de multiplier les échanges informels, s’il formalise des processus de communication, il perdra la vérité de l’autre et sa pensée intime.

  1. Le don ou l’intérêt du bien commun

« Force-les [les hommes] de bâtir ensemble une tour et tu les changeras en frères. Mais si tu veux qu’ils se haïssent, jette-leur du grain. » (in Citadelle)

>> Transmettre, former et non pas user de son pouvoir hiérarchique, c’est la mission du manager. Sur sa planète, le roi donne des ordres au Petit Prince. L’autorité, dit Saint-Ex, ce n’est pas le titre, la contrainte, les privilèges, mais le fait d’aider l’autre à grandir. Et en entreprise, il faut savoir donner de son temps pour bâtir les équipes, intégrer les nouveaux, créer un élan collectif, etc. L’intérêt personnel ne crée que des envies et des frustrations.

  1.  L’aveuglement par les chiffres

« Mais tu ne peux pas cueillir les étoiles ! – Non mais je puis les placer en banque… Ca veut dire que j’écris sur un petit papier le nombre de mes étoiles. Et puis j’enferme à clef ce papier-là dans un tiroir. » (in Le Petit Prince)

>> Sur sa planète, le businessman ne pense qu’à compter, posséder, breveter, oublieux de la finalité des choses. Le manager devrait se détacher de l’obsession des résultats, des tableaux, des rapports. Qu’en fait-il? Lit-il vraiment tout ? Le réalité et la vérité d’un travail ou celle d’un individu ne se résume pas à des statistiques. L’intention et l’effort sont tout aussi importants.

(1) Relire « Le Petit Prince », Folio, 97p., 6,80€