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COMPRENDRE ET EVITER LES TENSIONS : LES JEUX DE POUVOIR (JEUX PSYCHOLOGIQUES)

Éric BERNE a été le premier à définir le jeu en inventant l’Analyse Transactionnelle, et il en a démontré le caractère dramatique immuable, digne d’une tragédie antique des jeux qui font notre quotidien, en entreprise, et dans nos vies !

Les jeux psychologiques ou encore jeux de pouvoir sont plus que jamais à leur paroxysme et démontrent à quel point nous sommes en manque de repères, de reconnaissance, et de sens. Nous constatons tous la montée des tensions, des épuisements, des conflits, qui sont bien le révélateur d’une époque qui a développé la rareté de la reconnaissance et qui en subit les conséquences par la montée des jeux psychologiques.

Un jeu (de persécuteur, de victime, de sauveur), c’est une séquence relationnelle qui aboutit à un « bénéfice négatif » pour les partenaires. Les jeux se déroulent selon des règles et des caractéristiques répétitives suivantes :

1. Ils sont involontaires (les partenaires ne sont pas conscients d’entrer dans un jeu).

2. Ils sont répétitifs : chaque joueur a ses jeux favoris et les répète dans le temps.

3. Ils impliquent un échange de transactions cachées ; le niveau psychologique est différent du niveau social.

4. Ils comportent un moment de surprise : les rôles changent brusquement et les partenaires du jeu éprouvent le sentiment de « s’être fait avoir ».

5. Ils permettent de revivre des sentiments inefficaces.


LE TRIANGLE DRAMATIQUE : c’est le nom qu’a donné Steven Karpman à ces 3 rôles de Sauveur-Persécuteur-Victime. Ces rôles sont terribles car ils nous collent à la peau et qu’en plus ils sont mouvant. Si je suis Sauveur, alors je deviendrais un Persécuteur et je terminerai Victime. Pas facile à admettre.

Le Persécuteur méconnaît la valeur des autres.

Le Sauveur méconnaît la capacité des autres à agir, ressentir ou penser par eux-mêmes.

La Victime méconnaît sa propre valeur.


LES COMPORTEMENTS GENERATEURS DE JEUX

Types de comportements —> Exemples :

Généraliser en permanence
« Tu es toujours catégorique… »
« Tu n’es jamais d’accord… »
« Comme d’habitude, tu… »

Lire les pensées des autres
« Je sais ce que tu vas dire »
« Je sais ce que tu penses … »

Mettre des étiquettes
« Toi, le macho… »
« Toi, la féministe… »
« Toi, le prof… »

Parler de tous les problèmes à la fois
« Je voulais te dire à propos du client X, mais avant pour le parking, il faut trouver une solution ! Et puis, pendant que je te tiens, j’aimerais qu’on parle du dossier Y.»

Se montrer excitable, nerveux
« J’en ai marre… »
« C’est bientôt fini ! »
« Ne m’énervez pas ! »

Pratiquer les menaces
« Si vous continuez, ça ira mal »
« C’est ça ou la porte »

A l’origine, pourquoi « jouons nous » ? :

Le manque de reconnaissance, le manque de sécurité (ou va-t-on ? que vais je devenir ? qui fait quoi ici ? ) et le manque de stimuli.

J’ai remarqué que l’ennuie (manque de stimuli) est créateur de jeux. A l’ennuie on lui préfère le drame.

Attention, personne n’échappe à ces jeux la. Personne. Ils sont très inconscients et sont liés à nos personnalités. Nous avons tous plus ou moins un jeux que l’on préfère, et qui est la résultante de notre éducation.

Comme me l’a appris Christine Chevalier (experte en Analyse Transactionnelle au sein de ATORG à Paris), les jeux ? si on est dedans, c’est qu’on les a soi même allumé ! mais évidemment, je ne l’ai pas accepté lorsqu’elle me l’avait dit. C’était il y a bien des années. Et pourtant, reconnaître cela, l’accepter, nous redonne du pouvoir. Le pouvoir de se sortir des situations dans lesquelles nous nous mettons nous mêmes. Mais notre petit égo nous met un bandeau sur les yeux car il est quand même beaucoup plus facile d’accuser autrui de nos malheurs que de reconnaître que nous sommes à l’origine de nos maux. J’entends quelques personnes réagir et me dire lorsque ce sujet est abordé, que cela ne les aide pas de savoir qu’elles sont à l’origine de leurs propres malheurs. Cela a le don de les irriter et de stimuler leur culpabilité « à n’être pas assez bien ». « Comprenez vous Patrick, ce que j’entend la ne m’aide pas car cela renforce le fait que je ne suis donc pas quelqu’un de bien ». Justement, il est intéressant de repérer ce scénario répétitif de la victime en nous ! je leur dis alors que c’est l’occasion pour elle de repérer ce jeux (celui de la victime), et qu’une fois repéré, on a le moyen de stopper ce perpétuel enchainement.

Je vous propose donc de découvrir ou de redécouvrir ces 3 jeux dans lesquels nous baignons : leur descriptif, les bénéfices que nous avons à « jouer » ainsi, et comment les éviter.

Sachez avant tout qu’on peut « sortir des jeux de pouvoir » en nourissant nos soifs, nos soifs fondamentales.
:

– 1ère soif : en rebâtissant nos stimuli (le sens que nous donnons à notre vie, les stimuli quotidiens, nos objectifs dans la vie, ce que nous aimons vraiment faire et les moyens que nous nous donnons à les réaliser, se construire et se donner des projets qui nous plaisent et nous rendent heureux)

– 2ème soif : en donnant de la reconnaissance aux autres et en s’en donnant à soi ; plutôt que d’accuser les uns et les autres et de leur trouver tous les défauts du monde, au lieu de chercher la bagarre, commençons à encourager, à féliciter, à ne pas juger, à essayer de ne pas se juger soi même, ni à être dur avec soi. Commençons à reconsidérer notre point de vue sur nos jugements critiques. Donner des encouragements à notre entourage va amener cet entourage à nous en donner en retour. Ne pas chercher à être parfait en tout, accepter l’erreur, se pardonner de ne pas savoir, être compatissant avec soi. Il ne s’agit pas d’être laxiste, il s’agit de ne plus être dur avec soi et avec les autres. Eric Berne qui a inventé l’Analyse Transactionnelle parlait de feed back, plutôt que de jugements. Le « oeil pour oeil – dent pour dent » procure t’il le résultat escompté ? à nous de tenter l’inverse, parfois au prix de son égo, pour ne pas alimenter les jugements et les conflits. A nous de dépasser les blessures d’amour propre pour commencer à donner aux uns et aux autres des signes positifs plutôt que des signes négatifs. On parle de compréhension ou de sagesse. Certes, cela a un prix. Celui de l’effort ?

– 3ème soif : En se donnant des points de repère. L’Homme avance mieux lorsqu’il a structuré et solidifié les bases de sa vie. C’est cette « structure », cette stabilité qui a tendance à disparaître depuis quelques années; nous en perdons notre sécurité personnelle. Au travail, qui parmi nous aujourd’hui a le même hiérarchique plus de 18 mois ? qui n’a pas vu l’entreprise qui nous emploie changer de nom 3 fois en 5 ans ? d’actionnaire ? d’organigramme ? ne plus savoir pour quoi / pourquoi nous allons travailler ? Ce besoin de stabilité-sécurité, dit de « structure » s’affaiblissant, il s’agira de se la créer, en trouvant en nous ce qui contribue à nos repères, à notre sécurité.

Voici les 3 profils des joueurs :

DES JEUX BIEN CONNUS

I. LES JEUX DE PERSECUTEUR : SES BENEFICES ET SOLUTIONS

Exemples de jeux de persécuteurs :

1. Le « Ball-trap »
« Oui… mais » (Berne)
« Why don’t you ?
Yes… but… »

Description :
Demander de l’aide et écarter toute proposition d’un : « Oui… mais… »

Bénéfice négatif :
Colère
Irritation
mépris

Comment l’éviter :
Ne pas donner de conseils.
Interroger sur les tentatives et les idées de l’autre.

2. Incitation à la haine
« Battez-vous » (Berne)
« Let’s you and him fight »

Description :
Révéler à une personne un jugement critique confié confidentiellement par un tiers.
Mettre deux personnes en rivalité face à face « Voyez avec X »

Bénéfice négatif :
Plaisir d’observer sans être impliqué.
Dominer

Comment l’éviter :
Dire :
« Chacun a ses opinions, ses goûts, ses façons de faire et d’être ».
Demander un RV à 3

3. La Revanche
« Je te tiens, mon salaud » (Berne)
« Now, I’ve got you  »

Description :
Relever une erreur, un oubli, une faute chez celui qui vous a fait un reproche.

Bénéfice négatif :
Œil pour œil, dent pour dent !
Triomphe !
« Souviens-toi du vase de Soissons »

Comment l’éviter ?
Plaisanter : « Tu m’as eu ! Un partout !
« Si on repartait sur de nouvelles bases ? »

4. Au pied !
Le maître-chien

Description : Donner un ordre sec, sans remarque fondée.

Bénéfice négatif :
Domination

Comment l’éviter ?
Se protéger.
Poser des questions pertinentes.

5. Dramaturgie
La Scène (Berne)
Uproar

Description : Faire un drame pour éviter de régler le problème

Bénéfice négatif :
Incapacité
passivité

Comment l’éviter :

Dire : « Pouce ! »
Questionner et faire reformuler

6. Bras de fer
« Le mien est mieux que le tien » « Berne)
Mine is better than yours

Description : Se mettre en compétition malsaine avec l’autre.
Exagérer ses difficultés pour qu’elles soient plus grandes que celles des autres.

Bénéfice Négatif :
Vouloir se sentir le plus fort.
Justifier sa passivité ou son échec.
« Oh oui ! Mais moi, c’est pas pareil !

Comment l’éviter ?
Refuser la rivalité : s’interroger sur ses capacités à régler le problème.

7. L’Appeau
Viol (Berne)

Description :
Attirer les autres en les flattant : « Vous qui savez tout », ou en les appâtant : « j’ai appris que … je ne vous en dis pas plus… »

Bénéfice négatif :
Triompher en déstabilisant par une question piège. Garder une information qui rend tout-puissant.

Comment l’éviter ?
Dire : « Non, je ne sais pas tout ».
Attendre sereinement, refuser les sous-entendus.

8. Les dévalorisateurs
Défauts (Berne)
Blemish

Description :
Dire du mal des chefs, des collègues, des élèves.

Bénéfice négatif :

Être rassuré en masquant ses propres faiblesses.

Comment l’éviter ?

Dire : « Et si on parlait de ce qui marche bien ? » « Nous avons tous nos faiblesses ».

9. Les Manipulateurs
« Coincer » (Berne)
Corner

Description : Empêcher l’autre de faire ce qu’il envisage en démontant toutes ses propositions : il est coincé

Avantage négatif :
Triompher ou bloquer

Comment l’éviter ?

Être adulte : il y a plusieurs options pour régler cette situation.

10. Trop poli…
« Chéri(e) » (Berne)
Sweetheart

Description :
Être exagérément flatteur, voire obséquieux, pour pousser la personne à faire ce dont elle n’a pas envie

Bénéfice négatif : Se sentir supérieur, Manipuler

Comment l’éviter ? Dire : « Merci, mais parlons sérieusement.

II. LES JEUX DE SAUVEUR

1. C’est bien parce que c’est vous !
« If it weren’t for you »

Description : Faire sentir avec insistance que ce que l’on fait est une faveur personnelle.

Bénéfice négatif : Supériorité donnée par le geste charitable.

Comment l’éviter ? Attention à la co-dépendance.

2. Tous dans le même bateau; Tous solidaires

Description : Refuser d’accepter les différences. Protéger les moutons noirs.

Bénéfice négatif :
Éviter de prendre parti.
Se protéger. Masquer les différences.

Comment l’éviter ?
Oser porter un jugement factuel et motivé.

3. L’arrangeur arrosé « j’essaie simplement de t’aider » (Berne)
« I’m only trying to help you »

Description : Intervenir dans les discussions ou les conflits, les désaccords, sans y avoir été convié. Apporter de l’aide à celui qui ne demande rien.

Bénéfice négatif :
Colère.
Les autres sont des ingrats.

Comment l’éviter ?
Attendre la demande des autres pour intervenir.
Demander : « Qu’attends-tu de moi ?
Que veux-tu que je fasse ?»

4. Y’à qu’à…Faut qu’on …J’ai la solution

Description : Donner une solution toute faite, de manière péremptoire, pour tout problème.

Bénéfice négatif : Avoir un sentiment de supériorité, la certitude de posséder la science infuse.
Éviter de réfléchir.

Comment l’éviter ?
Être réaliste : il y a plusieurs façons de répondre à un problème. Toute solution a ses défauts.

5. Je vous défendrai toujours

Description : Arranger la réalité. Nier les faits pour éviter qu’une personne soit sanctionnée d’une manière ou d’une autre.

Bénéfice négatif : Être aimé, remercié, sollicité. « Soyez sympa ! Défendez-nous ! »

Comment l’éviter ? Tout n’est pas défendable.
Est-ce rendre service à quelqu’un que de le survaloriser ?

6. Ca ira ! Ca ira !

Description :
Nier les difficultés qui surgissent en les balayant, en les niant globalement.

Bénéfice négatif :
Garder sa sérénité et son optimisme en se cachant les difficultés.

Comment l’éviter ?
Dire :« Et si on regardait les choses en face pour résoudre les problèmes, et pour se réjouir de ce qui va bien ? »

7. Les Colombes

Description : Refuser les conflits. Se taire dès qu’il y a un léger désaccord ou une divergence d’opinion, de conception…

Bénéfice négatif :
Vivre l’entente dans une passivité confortable.
Éviter la souffrance.

Comment l’éviter ?
Attention ! La paix prépara la guerre : Munich en 1938 !
Remplir des carnets de timbres prépare des explosions gênantes.

8. Le pyromane pompier
Plaisir du Persécuteur reconverti en Sauveur : divulguer des informations, diviser et se proposer pour réconcilier.

Bénéfice négatif : : Être tout-puissant. Se montrer indispensable.

Comment l’éviter ? Refuser de demander de l’aide pour régler ses problèmes de personnes à personne.

9. Au four et au moulin

Description : En faire trop.
« Workalcoolic » : heures supplémentaires, week-ends, soirées..

Bénéfice négatif : Éprouver de la joie à se savoir indispensable.

Comment l’éviter ?
Attention : au four, au moulin et … à l’hôpital.
Prendre soin de soi.

10. L’arbitre
Tribunal (Berne)
Courtroom

Description : Tenir le rôle de l’avocat dès qu’une personne est critiquée ou évaluée.
Ne pas supporter qu’une personne accepte un reproche.

Bénéfice négatif : Se comporter en Zorro !
Satisfaction de défendre la veuve et l’orphelin et tous les opprimés.

Comment l’éviter : Refuser de laisser quelqu’un décider à sa place.
Être autonome.
S’informer sur ses droits.


III. LES JEUX DE VICTIME

1. Ce n’est pas moi, c’est lui !
« Regarde ce que tu m’as fait faire » (Berne)
« See what you made me do »

Description : Rejeter sur l’autre la responsabilité de ses actes.

Bénéfice négatif : Être innocent. Masquer sa peur.

Comment l’éviter ?
On est toujours un peu concerné !
Parler de ce qui dépend de soi.

2. Et pourtant, j’ai tout fait.
« Regarde comme j’ai essayé » (Berne)
« Look how hard I’ve tried »

Description : Présenter ses échecs comme inévitables et pardonnables en faisant valoir que l’on a tout envisagé et essayé.

Bénéfice négatif : Justifier sa passivité sans subir de blâme. Refuser une aide quelconque puisque tout a été fait.

Comment l’éviter ? Il y a toujours quelque chose à tenter.
Stimuler l’Adulte.
Envisager toutes les possibilités.

3. Fais-le à ma place, aide-moi ! (Berne)
Do me something

Description : Appeler l’autre à l’aide et chercher à lui faire faire son travail ou résoudre les problèmes à sa place.

Bénéfice négatif : Être satisfait de ne rien faire et d’être pris en charge.

Comment l’éviter ? Être autonome.
Ne pas trop attendre des autres.
Ne pas se laisser piéger.

4. « Engueulez-moi ! Merci »
« Donnez-moi des coups » (Berne)
« Kick me »
Gendarmes et voleurs (Berne)
Cops and robbers

Description : Provoquer les autres en étant maladroit, agressif, désagréable, pour être rejeté.
Courir des risques en contournant les lois établies, pour se faire prendre. Tricher, voler.

Bénéfice négatif : Ressentir une excitation, puis de la tristesse.
Se prouver que l’on est rejeté de tous et que c’est bien mérité. Se faire rattraper au vol pour se prouver que l’on est aimé malgré tout

Comment l’évite ?
Être moins dépendant des autres.
Encourager les réussites.

5. Sans toi : si j’étais seul dans le système !

Description : Se plaindre de ne pas pouvoir réussir à cause des autres : « Il y a toujours quelqu’un qui m’empêche… »

Bénéfice négatif : Éviter les reproches éventuels, les situations qui font peur. Être pur.

Comment l’éviter ? Faire confiance aux autres. Gérer ce qui dépend de soi.

6. Gémir
« C’est affreux ! » (Berne)
« Ain’t it awful ! »

Description : Se plaindre de tout, de tous et de rien.

Bénéfice négatif : Chercher le réconfort, attirer la sympathie et ne rien faire.

Comment l’éviter ? Changer de sujet.

7. C’est trop fort pour moi
Stupide (Berne)
Stupid

Description : S’avouer incapable de faire ou de comprendre ce que l’on veut vous donner à faire.

Bénéfice négatif : S’endormir dans la passivité, ne rien faire. Être pur : « C’est pas ma faute, je suis incapable ».

Comment l’éviter ? Faire son bilan personnel.
Préciser ses capacités.
Expérimenter pour vérifier.

8. Éreinté (Berne)
Harried
Marche ou crève

Description : Se plaindre d’être crevé, fatigué, débordé.

Bénéfice négatif : Chercher la sympathie et le réconfort.

Comment l’éviter ? Faire le tri entre l’important et ce qui peut attendre.

Et vous ?

(lisez et surlignez ce qui vous semble proche de votre / vos agissements)

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États d’âme sur le jugement

Ne pas se juger soi même ni les autres. Lorsque l’on juge quelqu’un, on cherchera aussi à le punir. Tout jugement s’accompagne du châtiment
: Il l’a toujours été ainsi, c’est, et ce sera encore.

Alors qu’arrive t’il quand on se juge soi même ? Lorsque l’on se condamne comme on le fait tous, si spontanément, chaque jour ?

On va chercher à se punir. A se condamner.

Toute punition trouvera sa façon de se manifester en fonction de ce que nous sommes. Cherchez bien….je me puni tu te punis ils qe punissent…

Alors comment rester serein ?
Méditer ?
La grande mode nous vient d’orient. Je ne sais pas vous, mais depuis que « tout le monde médite » je n’ai jamais vu autant de jugements, d’épuisements professionnels et d’égos mis en avant :  » moi je médite d’après telle méthode »  » moi je suis l’enseignement de tel courant « .

Je ris doucement. Jaune. Souvent.

Car une fois les 20 minutes de meditation passées (ou le week end stage en groupe passé), c’est le retour aux habitudes. On juge. On exclu. On s’en prend à l’un à cause de…sa trop grande liberté….On l’envie. On ne parle pas avec lui. On monte des personnes de son entourage dans le sens de ce jugement pour se rassurer que l’on a raison de vouloir exclure celui qui me dérange tant.

Il dérange car il est si joyeux ! Et en plus il ne médite pas ! En plus il ne mange même pas bio….

Plutôt que de Méditer 20 minutes par jours et d’être toujours aussi exécrables, si nous passions plutôt nos journées complètes à respecter les grandes règles de ces maîtres de la meditation plutôt qu’à les théoriser en processus. J’entend des râleurs qui ont encore envie de me répondre que la meditation leur a permis de diminuer leur stress. Je veux bien le croire. Tout n’est pas à exclure. Je vois aussi des gens plus sereins. Mais pas plus libres !
Mais quand je les vois stressé car ils n’ont pas pu méditer depuis 2 jours je me dis que le monde tourne à l’envers ! Ils en font un nouveau stress ! Quand ils ne sont pas réguliers, ils s’en veulent et se jugent. A nouveau ! Plutôt que de se forcer à faire de la meditation allez voir Florence Foresti ! Vous passerez de meilleurs moments ( quand elle est en forme) et comme tout plaisir entraîne une joie vous aurez envie s’embrasser votre secrétaire au boulot !

Mais alors c’est ce que veut nous dire Patrick ? Oui !
Que méditer c’est plus simple que ça en a l’air ! Ca commence par l’ouverture du cœur.

Dire bonjour. Ne pas juger. Aider. Donner. Se donner de la joie. Allez voir un bon film. Partager du temps avec son chéri et ses enfants ou des animaux de compagnie. Pendre soin de sa voiture. De son voisin. Se faire plaisir. Se donner de la joie. Prendre soin de sa maison. Allez chercher son fils à l’école alors que ce n’était pas prévu. Surprendre. Cuisiner pour sa femme. Aider la caissière de son supermarché à retrouver le sourire après une agression verbale d’une cliente. Aller se promener un peu. La où le plaisir réside, alors l’énergie de la meditation bien faite avec plaisir se manifestera aussi.

Toutes ces petites joies quotidiennes sont miraculeuses pour soi.
Ajoutez si vous voulez un coussin et chantez le Om. Ca fait pas de mal. Mais soyez vigilant ! Ne restez pas dans une bulle ! Vivez vos valeurs en les faisant passer du stade du  » coussin  » de mèditation à l’action quotidienne, par un comportement ouvert, chaleureux et stimulant plutôt que l’inverse. Les méditant que je rencontre me font parfois froid dans le dos. Entre grisaille et retrait, ils ne sont pas toujours très avenant,
déçus qu’ils sont de la vie, d’un système corrompu etc…de nos aliments pollués etc…

Je connais des personnes assidues à la meditation ou à toute autre technique de relaxation, de Reiki, etc… et qui font cela a fond mais quand je vois chez elles des comportements qui ne me donnent pas envie, des jugements de valeur, de la tristesse, de la lourdeur et de la méfiance, je me dis que ce n’est pas logique. Je me prend à penser à la femme de ménage toujours d’humeur égale et que tout le monde aime et qui le leur rend bien. Elle ne médite pas. Elle aime. Cest toute la différence. Elle accueille. Elle donne envie. Elle ne parle pas dans le dos des autres. Elle comprend. Elle vous rassure. Et elle vient en aide à des sans abris. Elle cuisine. Elle crée ! Et s’en porte bien!

Souvent, changer passe par un investissement financier. Ces « techniques » de relaxation ou de meditation ou de zenitude sont chers !

L’occidental est très mental, alors sans doute que comme tout est dans notre tête, nous nous sommes éloignés du cœur dans ces pratiques de relaxation ou de meditation. Ca soulage sur l’instant mais le lendemain matin les jugements reviennent et la gentillesse est mise au placard. Je pense parfois que cela aggrave chez certains les problèmes d’ego . Cest souvent le piège. La sectorisation n’est pas loin.

Comment alors stimuler autrement notre positif ?

Je propose cela à faire tous les matins dans sa salle de bain : s ‘aimer, cest le but. Alors voici ce que je propose de vous demander pour la journée : « quoi faire aujourd’hui pour me montrer de l’amour ?  » et cest tout ! Affirmez le fort !  » que puis je faire aujourd’hui pour me montrer de l’amour à moi ? « .
Et lâchez prise ! Cest â dire, laissez venir â vous tous les possibles ! Soyez dans l’accueil de ce qui pourrait arriver en vous ouvrant au maximum à tout ce qui peut arriver. Ne cherchez pas à y mettre de conditions. On veut recevoir mais seulement ce qui est connu. L’inconnu fait peur. Alors on ferme d’avance tout ce qui pourrait venir à nous. La nouveauté fait peur vous dis-je. Alors prononcez bien fort ces mots : que puis je faire aujourd’hui pour me montrer que je m’aime ?. Et ouvrez en grand les bras même si ce n’est pas dans vos habitudes. N’oubliez pas que la liberté fait peur et que l’on est capable de se saboter soi même … Alors soyez forts
et ouvrez au maximum les bras.

Le reste ? Que faire du reste le matin sous la douche ? Les problèmes ? La maladie ? Les Impots ? Les rv professionnels à  » enjeux « ? La vie de chaque jour ? Que pense Patrick de ça ? Ça existe ! Et bien … Mon avis ? « Plus t’y penses » disait Dolto, « plus tu amplifies le problème ». Mon avis est que le problème n’a pas besoin de vous pour continuer à exister !
Par contre, l’amour de vous même a besoin de vous savoir disponible pour lui ! Tous les matins.

Si vous avez des doutes sur cette déclaration d’amour à vous même, venez me prouver le contraire. Le contraire ? Cest quoi le contraire ? Si c’est faire marcher la vie à la baguette par des  » je veux  » incessant et des réussites au prix de gros efforts… Je n’en veux pas. J’ai déjà donné.
Parfois et souvent au prix de son corps malade ! Et d’un « toujours plus » qui nous bouffe ! Je n’en veux pas.

Alors qu’essayer de se demander les matins « que faire pour me donner de l’amour ce jour », déclenchera des idées et des rencontres. Des synchronicités, selon Karl Gustav Jung lui même.

Et enfin je vous propose de contrebalancer tous les blâmes naturels que vous vous adressez.
En choisissant 5 compliments pour votre journée qui prend fin.

Une fois seul. Le soir. Avec vous même. Notez même ces 5 compliments.

Fait tous les soirs, cela vous permet de vous endormir en meilleure forme et de vous lever avec la ferme intention de vous demander :  » comment faire aujourd’hui pour me montrer que je m’aime ? « .

Patrick
Paris
20 02 2015

Le vol organisé de notre économie

Lion Capital saigne les surgelés Picard
C’est un exemple qui pourrait nourrir à la critique du néolibéralisme de Frédéric Lordon. L’Agefi révèle que les surgelés Picard vont augmenter leur dette de 88% pour pouvoir payer un dividende de 600 millions. Comme une impression de rançonnage ou de pillage par des actionnaires-brigands…

Des chiffres qui donnent le tournis

Les chiffres sont étourdissants et merci à l’Agefi de parler de ce qui n’est pas juste un fait divers mais est sans doute trop typique du mode de fonctionnement de notre économie, où les actionnaires se comportent comme les piranahs des entreprises qu’ils possèdent, qu’ils pressurent ou découpent comme des carcasses de bêtes mortes. Picard réalise 1,3 milliards d’euros de chiffres d’affaires pour 10% de marges. D’abord racheté en 2001 par Candover, puis par BC Partners en 2004, avant de devenir la propriété de Lion Capital en 2010, pour 1,5 milliard d’euros dont 975 millions à crédit, Picard va émettre 425 millions de dettes à 5 ans et augmenter de 325 millions sa ligne à taux variables.

Comme le rapporte l’Agefi, « Fitch a placé sous perspective négative sa grille de notation (…) L’agence souligne que l’opération va faire bondir de 88% » la dette. Les près de 750 millions de dettes de plus vont permettre à Picard de verser un dividende exceptionnel de 602 millions d’euros, près de la moitié du chiffre d’affaires annuel et 4 à 5 fois les bénéfices annuels ! Comment ne pas avoir l’impression que les surgelés Picard sont rançonnés par leurs actionnaires, contraints qu’ils sont d’emprunter pour payer des dividendes juteux, qui permettront à Lion Capital de mettre du beurre dans ses épinards, et faire in fine payer par les consommateurs les juteuses rémunérations du fond.

Un capitalisme actionnarial indécent

Malheureusement, les exemples effarants se multiplient, outre ceux cités par Frédéric Lordon. Et le monde de la finance n’est pas le seul à s’être illustré. Il y tout juste un an, la bible de la globalisation néolibérale, The Economist, s’était ému des 2,5 milliards de dollars de bonus extraordinaires des 40 dirigeants d’ABI (dont 289 millions de dollars pour le seul PDG), obtenus en vendant pour quelques années des filiales de l’entreprise à des fonds d’investissement, pour les racheter quelques années plus tard, bien plus cher, dans un jeu financier effarant. The Economist a aussi dénoncé la vogue des rachats de leurs propres actions par les entreprises, pas moins de 500 milliards de dollars !

Tout ceci montre qu’il y a un vrai problème structurel dans l’organisation de nos sociétés, qui donne un pouvoir délirant aux actionnaires (qui sont sans doute aussi ceux dont HSBC organisait la désertion fiscale), qui se comportent comme des vautours pour l’économie réelle. Car derrière ces milliards de dettes, de dividendes, et de rémunérations pour les actionnaires et les dirigeants (dont les intérêts sont alignés avec les premiers), il y a aussi de nombreux emplois détruits ou transférés dans des pays à bas coût. L’indécence de ce capitalisme actionnaire dérégulé devient chaque jour plus éclatante, au point que mêmes les gazettes qui défendent cette dérégulation en prennent un peu conscience.

Merci donc à l’Agefi de faire la chronique de ce capitalisme devenu cannibale où une petite élite largement inconsciente, se repêt des entreprises qu’elle possède ou dirige. Il faut rappeler ces anecdotes qui n’en sont pas pour permettre la prise de conscience de la nécessité d’un vrai changement.

Le Petit Prince nous parle de bon sens

Un article paru dans l’hebdomadaire l’Entreprise relayé par L’Express, Article tout simple, écrit par Marie-Madeleine Sève en complicité avec l’Edhec management et publié le 13/05/2014

Cet article reprend des préceptes du bon sens humain.

Bonne lecture…avec des yeux d’enfant.

Patrick Krzyzosiak,

Coach habilité Transformances Pro

Six leçons de Saint-Exupéry pour manager son équipe :

Pionnier de l’Aérospostale et écrivain, Antoine de Saint-Exupéry a traversé des moments où sa vie ne tenait plus qu’à un fil, perdu dans la tempête, échoué dans un désert hostile… Il s’est alors tourné vers l’essentiel, comme devraient le faire les managers. Sur la planète du travail, l’allumeur de réverbères du Petit Prince de Saint-Exupéry se réfère à « la consigne » sans en connaître le but, et il ne s’arrête jamais. Saint-Ex a vécu la plus belle aventure « technique » de son époque. Homme d’action, bienveillant, visionnaire, il témoigne de profondeur sans idéologie. Ses écrits accessibles à tous (1), peuvent éclairer le manager, lui donner des clés pour retrouver la capacité de faire et d’aller vers ce qui est fondamental, pour soi, l’équipe, la collectivité. Voici six de ses principaux messages.

 

  1. La nécessité de repères stables

« Il faut, autour de soi, pour exister, des réalités qui durent. On ne peut pas vivre sans le soutien des invariants. » (in Courrier Sud)

>> Des points de stabilité permettent d’affronter ce qui bouge, vite, trop vite. Tout changer à la fois perturbe, et crée de la résistance à la nouveauté, même si c’est pour moderniser des méthodes, un outil, un environnement. Certaines habitudes de travail restent vertueuses, il faut les identifier pour les conserver.

  1. Le souci de la finalité des choses

« La grandeur d’un métier est peut être avant tout d’unir les hommes, mais il n’y a qu’un luxe véritable et c’est celui des relations humaines. » (in Terre des hommes)

>> La finalité fonde les efforts communs, crée l’efficacité, fédère les compétences. Une simple considération technique ne suffit pas. Il s’agit de donner une signification profonde à un projet (l’utilité d’un savoir, d’un produit, etc.) puis d’indiquer la direction, avec des jalons progressifs, ciblés à court ou long terme. L’autre avantage est d’apaiser les esprits, sinon le collaborateur risque de courir droit au burn-out. Sur la planète du travail, c’est ce que vit l’allumeur de réverbères du Petit Prince : il se réfère à « la consigne » sans en connaître le but, et il ne s’arrête jamais.

  1. La densité de l’instant présent

« Car il est bon que le temps qui s’écoule ne nous paraisse pas nous user et nous perdre, mais nous accomplir. Il est bon que le temps soit une construction ». (in Citadelle).

>> Mû par l’urgence, l’homme étouffe, stationnaire, il s’ennuie. Pour Saint-Ex, il faut savoir goûter l’instant, le rendre efficace et savoir s’en contenter. Le zapping déconstruit et épuise. Souvent, en entreprise, les solutions doivent être très rapides, le chiffre d’affaires s’arrache au jour le jour : c’est contradictoire avec le fait qu’on imagine des plans d’action sur le long terme. Il faut aussi viser l’essentiel, sinon, sa journée est gaspillée par l’accessoire.

  1. La force de l’échange

« Enseigner d’abord l’échange, car, hors l’échange, il n’est que racornissement. » (in Carnets). « Si je diffère de toi, loin de te léser, je t’augmente. » (in Lettre à un otage)

>> Saint-Ex a établi des ponts entre les pays, les gens, les civilisations. Il a brassé des univers différents. Il nous dit que l’échange est la base de la confiance et qu’il présuppose le respect mutuel : on se parle à égalité. Il faut échanger l’action, la parole, le don de soi. Le manager doit laisser ainsi ses collaborateurs exprimer leurs idées, leur vérité, sinon ils se sentiront dévalorisés. C’est la condition de la performance authentique. A lui aussi de multiplier les échanges informels, s’il formalise des processus de communication, il perdra la vérité de l’autre et sa pensée intime.

  1. Le don ou l’intérêt du bien commun

« Force-les [les hommes] de bâtir ensemble une tour et tu les changeras en frères. Mais si tu veux qu’ils se haïssent, jette-leur du grain. » (in Citadelle)

>> Transmettre, former et non pas user de son pouvoir hiérarchique, c’est la mission du manager. Sur sa planète, le roi donne des ordres au Petit Prince. L’autorité, dit Saint-Ex, ce n’est pas le titre, la contrainte, les privilèges, mais le fait d’aider l’autre à grandir. Et en entreprise, il faut savoir donner de son temps pour bâtir les équipes, intégrer les nouveaux, créer un élan collectif, etc. L’intérêt personnel ne crée que des envies et des frustrations.

  1.  L’aveuglement par les chiffres

« Mais tu ne peux pas cueillir les étoiles ! – Non mais je puis les placer en banque… Ca veut dire que j’écris sur un petit papier le nombre de mes étoiles. Et puis j’enferme à clef ce papier-là dans un tiroir. » (in Le Petit Prince)

>> Sur sa planète, le businessman ne pense qu’à compter, posséder, breveter, oublieux de la finalité des choses. Le manager devrait se détacher de l’obsession des résultats, des tableaux, des rapports. Qu’en fait-il? Lit-il vraiment tout ? Le réalité et la vérité d’un travail ou celle d’un individu ne se résume pas à des statistiques. L’intention et l’effort sont tout aussi importants.

(1) Relire « Le Petit Prince », Folio, 97p., 6,80€

Salariés, Comment ça marche le Compte Personnel de Formation ? http://www.moncompteformation.gouv.fr/recherche_formations_eligibles

Compte personnel de formation: ce qu’il faut savoir
Le Compte personnel de formation (CPF) sera mis en oeuvre à partir du 1er janvier 2015. D’une durée maximale de 150 heures, il remplacera le Droit individuel à la formation (DIF).

http://www.moncompteformation.gouv.fr  (allez y faire un tour, http://www.moncompteformation.gouv.fr/recherche_formations_eligibles
C’est la grande innovation de la loi sur la formation professionnelle adoptée par le Sénat ce 27 février 2014. Objectif du compte personnel de formation (CPF) : « donner à chacun les moyens d’évoluer professionnellement et de sécuriser son parcours professionnel » notamment en progressant d’au moins un niveau de qualification au cours de sa vie professionnelle ou en obtenant une qualification dans le cadre d’une reconversion ». ce nouveau droit remplace le DIF (Droit individuel à la formation).

Qui peut bénéficier du compte personnel de formation?
Le compte personnel de formation est « attaché à la personne » dès son entrée sur le marché du travail, dès 16 ans (15 ans pour le jeune qui signe un contrat d’apprentissage) et jusqu’à son départ à la retraite.

Le compte est « universel » et « individuel »: toute personne (jeune sortant du système scolaire, salarié, demandeur d’emploi et, à terme, les fonctionnaires, les travailleurs indépendants…) « indépendamment de son statut », disposeront d’un compte personnel de formation.

Les salariés qui changent d’emploi ou qui alternent fréquemment périodes d’emploi et de chômage sont assurés de conserver leurs droits à la formation.

Le compte personnel de formation ne peut être débité sans l’accord exprès de son bénéficiaire et ne peut jamais être diminué du fait d’un changement d’employeur, quelle que soit la fréquence des changements.

Le refus de son titulaire de le mobiliser ne constitue pas une faute.

En cas de licenciement, les heures de CPF restent créditées sur le compte, y compris en cas de licenciement pour faute lourde.

Que se passera-t-il en cas de changement d’entreprise ou en période de chômage ?
Le compte personnel de formation est « intégralement transférable ». Que le bénéficiaire soit salarié ou demandeur d’emploi, il conserve son droit tout au long de sa vie professionnelle, quel que soit son parcours.

Combien d’heures de formation sur le compte personnel de formation?
Le compte personnel de formation est alimenté en heures à la fin de chaque année. Il ne pourra excéder 150 heures de formation sur 8 ans (24 heures par an pendant les 5 premières années puis 12 heures par an pendant les 3 années suivantes) pour un travail à temps complet (contre 120 heures sur 6 ans pour l’actuel DIF).

Les heures portées au crédit du compte personnel de formation le demeurent en cas de changement de statut et jusqu’à la mobilisation du compte ou départ à la retraite de son titulaire.

Pour les périodes de travail à temps partiel, l’alimentation du compte est calculée proportionnellement au temps de travail effectué, sous réserve de dispositions plus favorables prévues par un accord d’entreprise, de groupe ou de branche.

Que vont devenir le DIF et le CIF?

La mort du DIF est programmée. Les heures acquises au titre du DIF et non utilisées, au premier janvier 2015, par le salarié seront portées au crédit du Compte personnel de formation. (Le CIF, loin d’être abandonné, bénéficiera de financements supplémentaires pour augmenter le nombre de bénéficiaires.)

Quelles sont les formations éligibles?
Le compte personnel de formation est destiné à financer des formations obligatoirement qualifiantes et  » correspondant aux besoins de l’économie prévisibles à court ou moyen terme  » notamment celles qui sont inscrites au Répertoire national des certifications professionnelles, les certificats de branches, les formations permettant d’acquérir le socle de connaissances et compétences (maîtrise de la langue française, connaissances de base en mathématiques…).

Qu’il s’agisse des salariés ou des demandeurs d’emploi, les formations  » CPF  » devront figurer sur des listes élaborées soit par les branches professionnelles, soit au niveau interprofessionnel par les partenaires sociaux qui ont négocié l’ANI (accord national interprofessionnel) du 14 décembre 2013, soit par les Régions.

Le CPF pourra également être mobilisé pour compléter une formation déjà partiellement acquise, notamment dans le cadre d’une Validation des acquis de l’expérience (VAE).

Comment le compte personnel de formation fonctionne-t-il?
Pour les formations hors temps de travail, le salarié pourra utiliser son CPF sans faire de demande à l’employeur (à la différence du DIF).

Pour les formations sur le temps de travail, un accord de l’entreprise sera nécessaire. (La rémunération du salarié sera maintenue.) Seules exceptions: les stages visant l’acquisition du socle de connaissances (lire, écrire, compter..) et de compétences (bureautique, informatique, langues étrangères…) ainsi que ceux prévus par accord de branche ou d’entreprise.

Lorsque la formation sera suivie tout ou partie pendant le temps de travail, le salarié doit demander l’accord préalable de l’employeur sur le contenu et le calendrier de la formation. L’entreprise sera tenue de lui faire connaître sa réponse dans un délai qui sera mentionné par décret. L’absence de réponse vaudra acceptation.

En cas de mobilisation du CPF hors temps de travail, aucune allocation de formation ne sera due au salarié, comme c’était le cas pour le DIF.

Prise en charge de frais de formation
Les frais pédagogiques et frais annexes (transport, hébergement…) sont pris en charge par l’employeur lorsque l’entreprise a conclu un accord d’entreprise sur le compte personnel de formation.

En l’absence d’accord, les frais de formation seront pris en charge par l’Opca.

A noter : des cas d’utilisation  » de droit  » du CPF (sans accord de l’employeur ni sur le contenu ni sur le calendrier) sur le temps de travail pourra être prévue en particulier pour des formations permettant d’acquérir un socle de connaissance en langue ou lorsque le salarié employé par une entreprise de plus de 50 salariés n’aura pas suivi de formation, de VAE ou d’entretien au cours des 6 dernières années, ce qui lui donnera droit à un  » abondement correctif  » de 100 heures sur son compte.

La demande devra être formulée au moins 60 jours avant le début de la formation si elle dure moins de 6 mois et au moins 120 jours si la durée de la formation est supérieure à 6 mois. L’absence de réponse de l’employeur à compter de la demande vaut acceptation.

Comment le demandeur d’emploi utilisera-t-il son CPF?
Le demandeur d’emploi pourra mobiliser son CPF sans avoir à demander l’accord de Pôle emploi. Sa formation sera prise en charge par le FPSPP. Il pourra bénéficier du futur conseil en évolution professionnelle.

Un mécanisme d’accompagnement est prévu pour tout salarié souhaitant mobiliser son compte personnel, sous la forme d’un « conseil en évolution professionnelle » extérieur à l’entreprise (information/conseil sur l’évolution des métiers sur les territoires, les offres d’emploi adaptées à ses compétences…). Ce nouveau conseil sera mis en place dans le cadre du futur Service public régional de l’orientation.

Comment connaîtra-t-on son nombre d’heures de formation?
Chaque personne aura connaissance du nombre d’heures créditées sur son compte en accédant à un service dématérialisé d’information dédié. Ces informations seront validées par le financeur (l’Opca, l’entreprise, le FPSPP (Fonds paritaire de sécurisation professionnelle) quand les formations seront mises en oeuvre.

Que se passe-t-il en cas d’arrêt de travail?
La période d’absence du salarié pour un congé de maternité, de paternité et d’accueil de l’enfant, d’adoption, de présence parentale, de soutien familial ou un congé parental d’éducation ou pour une maladie professionnelle ou un accident du travail est intégralement prise en compte pour le calcul de des heures de CPF.

Qu’est-ce que les  » abondements complémentaires  » ?
Il s’agit de dotations complémentaires aux heures du CPF accordées pour accéder à une formation qualifiante pour laquelle les heures acquises sont insuffisantes.

Qui peut abonder le CPF ? L’employeur (éventuellement par accord d’entreprise), la personne elle-même, un accord de branche (au moyen des périodes de professionnalisation par exemple), Pôle emploi (via une POE/Préparation opérationnelle à l’emploi notamment), la Région, l’Etat…

Les personnes handicapées pourront bénéficier d’un abondement de leur CPF par l’employeur et par l’Agefiph

Le compte personnel de formation

Le projet de loi sur la Formation Professionnelle redessine les contours du paysage de la formation continue en France.

Voici les principales mesures.

1. Le compte personnel de formation à partir du 1er janvier 2015
Principale innovation de ce projet de loi sur la formation, le compte personnel de formation sera opérationnel à partir du 1er janvier 2015, date à laquelle il remplacera le DIf (Droit individuel à la formation). D’un plafond de 150 heures, il pourra être utilisé par les salariés et les demanders d’emploi: les droits au CPF sont transférables.
A lire: Compte personnel de formation: ce qu’il faut savoir.

2. L’entretien professionnel est encadré
Le texte instaure un entretien professionnel obligatoire pour l’ensemble des salariés. L’objectif est de faire le point sur leurs actions de formation, leurs compétences et leurs perspectives professionnelles. Il doit être proposé systématiquement au salarié à l’issue de différents congés (parental, d’éducation, maternité, soutien familial, adoption, longue maladie). Il remplace également l’entretien professionnel des plus de 45 ans actuellement en vigueur. D’où une simplification des dispositifs existants.

3. La qualité de la formation
Le texte met l’accent sur la qualité de la formation, en « responsabilisant les financeurs ». Ces derniers, Opca, État, régions, devront s’assurer de la qualité des actions de formation qu’ils financent « sur la base de critères définis par décret en Conseil d’État ».
4. Le nouveau « 1% formation » modulable
Le texte confirme également une profonde réforme du financement. Parmi les innovations majeures, le texte fait sauter le verrou du 0,9% sur le plan de formation pour les entreprises de plus de 300 salariés. A la place les entreprises s’acquitteront d’une contribution « unique et obligatoire » de 1% de la masse salariale pour les entreprises de plus de 10 salariés versée aux Opca (organismes paritaires collecteurs agrées).
La nouvelle contribution est à calculer sur les rémunérations 2015. La nouvelle contribution « formation » de 1% est à calculer sur les rémunérations versées en 2015. Elle s’applique donc à la collecte des contributions recouvrées en 2016. Le montant des contributions pour l’année 2014 reste identique aux années passées.
5. Le 0,2% CPF (Compte personnel de formation)
Les employeurs auront la possibilité de s’exonérer partiellement de cette obligation (point précédent) en gardant une quote-part (0,2%) pour financer le compte personnel de formation de leurs salariés. Le texte pose toutefois deux conditions à cette dérogation : la signature d’un accord d’entreprise (ou d’un accord de branche pour les plus petites) et l’utilisation de ces fonds dans les trois ans suivant la signature de l’accord. Dans ce cas, la contribution unique de l’entreprise est ramenée à 0,8%. Si ces contreparties ne sont pas respectées (accord ou dépense effective), le 0,2% dédié au CPF est versé à l’Opca. Les sommes non consommées par les Opca , au titre du CPF au 31 décembre de chaque année, seront reversées au FPSPP soit « pour financer les heures des CPF des demandeurs d’emploi et des personnes en Cif », soit « pour financer des actions de formation dans les entreprises de moins de 50 salariés ».
Ce qui signifie également un contrôle des organismes collecteurs vis-à-vis des actions de formation (éligibles ou non). Si l’employeur n’effectue pas ce versement, il devra verser au Trésor Public une pénalité égale à la différence entre le montant « des sommes versées à l’organisme collecteur et le montant de la contribution ainsi majorée ».
Le nouveau système de financement en synthèse
Entreprise de 1 à 9 salarié(s) Entreprise de 10 à 49 salariés Entreprise de plus de 50 à 299 salariés Entreprise de plus de 300 salariés
Plan de formation 0.4% 0.20% 0.10% –
Professionnalisation (contrat et période)* 0.15% 0.30% 0.30% 0.40%
Congé individuel de formation (CIF) – 0.15% 0.20% 0.20%
FPSPP** – 0.15% 0.20% 0.20%
Compte personnel de formation (CPF)*** – 0.20% 0.20% 0.20%
TOTAL 0.55% 1% 1% 1%
20% des versements du FPSPP faits par les entreprises seront redistribués aux TPE de moins de 10 salariés via leurs Opca.
6. Négociations supplémentaires dans trois branches professionnelles
Le projet de loi amendé par les sénateurs prévoit désormais l’ouverture de négociations dans les branches de l’intérim, du bâtiment et travaux publics ainsi que dans les secteurs qui emploient des intermittents du spectacle. L’objectif ? « Proposer une adaptation des montants et/ou une [autre] répartition de leur contribution au financement de la formation professionnelle continue ». Dans le BTP, par exemple, les discussions seront axées « sur le financement de l’apprentissage ». Quitte à fixer une « contribution globale inférieure à celle prévue par le droit commun ». Le texte pose une date butoir : le 30 septembre 2014.
7. Périodes de professionnalisation
Le texte élargit les bénéficiaires d’une période de professionnalisation, accessibles désormais aux salariés en contrat unique d’insertion ou relevant de structures d’insertion par l’activité économique. Par ailleurs, l’objet des périodes de professionnalisation est précisé en renforçant leur ambition qualifiante ou certifiante tout en laissant la porte ouverte à des formations visant l’acquisition du socle de compétences.

9 outils immédiats à la portée de tous, pour rendre un travail d’équipe créatif, performant, intéressant pour tout le monde

9 outils pour rendre votre équipe créative et performante
(trouvaille grâce à Linkedin, ue je m’évertue à repartager encore et encore par tous les moyens !)

Vous pensez qu’une équipe est plus efficace et s’investit davantage quand on l’a laissée s’organiser toute seule ? Vous pensez qu’être trop directif, c’est souvent contre-productif et que de toute façon on ne peut pas téléguider les gens. Vous pensez que si les gens travaillent sans vraiment savoir pourquoi et sans pouvoir s’organiser eux même ils ne feront rien de bien.

Bref vous croyez en l’équipe auto organisée ? Et bien moi aussi. Mais c’est pas le tout d’y croire parce qu’une fois qu’on s’est dit : vive les équipes auto organisées ! Encore faut-il y aller.
Eh oui, réussir à se répartir les tâches sans demander à son manager, prendre des décisions en toute autonomie et plus que tout, gérer les relations humaines sur le long terme, c’est pas si simple.

Voici donc 10 outils qui pourront vous aider dans votre longue route vers l’équipe auto organisée. Ces outils sont valables dans tous les contextes, que vous soyez une équipe projet, un service qui travaille en mode récurrent, un groupe de travail…

1 – Un bon dessin pour partager la vision :

C’est peut-être ce qu’il y a de plus important, se mettre d’accord sur l’objectif de l’équipe. À ne surtout pas sous-estimer ! Un vieux proverbe chinois dit « si tu pars sans savoir où tu vas, quand t’arrives c’est pas là » (ils sont quand même fort ces chinois).Ile et requin

Pour pouvoir s’organiser, il faut être clair sur ce qu’on veut atteindre. Il existe là aussi de nombreuses techniques de priorisation qui ont toutes en commun la co-construction et l’aspect visuel.

Je vous propose ici d’utiliser la puissance des images pour libérer la parole des participants et générer les échanges.

Dessinez sur une grande feuille de brownpaper une île déserte et un océan infesté de requins. Voici donc l’objectif de votre équipe symbolisé par l’île. Les requins représentent les risques. Collectivement on écrit alors des post-its décrivant les objectifs et les risques que l’on vient coller respectivement sur l’île et les requins. Ce travail pourra rester affiché pour rappeler à tous la finalité de l’équipe.

2 – Arbre à problèmes pour les laisser derrière soi :

Dessinez un arbre et collez-le sur un mur de sorte à ce qu’il soit visible de toute l’équipe (la taille de l’arbre va dépendre du nombre de problèmes dans votre équipe ;-).arbre

Chaque membre de l’équipe viendra coller, dès qu’il le souhaite, un post-it rose sur lequel il indique en quelques mots le problème qu’il rencontre et qu’il ne peut résoudre seul. Régulièrement, l’équipe et le manager partagent les problèmes.

Si quelqu’un a une solution pour un des problèmes identifiés alors il viendra le résoudre en l’écrivant sur un post-it vert qui sera collé par dessus le post-it rose.

Si aucune solution n’est trouvée dans l’équipe alors c’est le manager qui prendra en charge le problème. C’est une bonne technique pour favoriser l’entraide et positionner le manager dans un rôle de facilitateur au service de l’équipe et de son efficacité.

L’aspect psychologique « je me débarrasse de mon problème en le posant sur le mur » est très bénéfique, ça permet de se concentrer plus facilement sur ce qui est le cœur de son métier.

3 – « Do, Doing, Done » :

Concrètement un Brownpaper avec 3 colonnes « à faire » « en cours » « terminé », des post-it qui représentent les tâches avec le trigramme du responsable écrit dessus. L’idée est de représenter sur un support visible par toutes les tâches à réaliser, leur avancement et qui en est responsable. Le mieux pour s’approprier le support est encore de le construire en équipe pour avoir un outil de management visuel adapté au contexte. Vous trouverez ici un bon exercice pour toucher du doigt l’intérêt du management visuel et comment réaliser un support.

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4 – Des points d’échange courts et réguliers :

Dans le monde agile c’est ce qu’on appelle un stand up, un point d’échange avec toute l’équipe d’un quart d’heure qui se fait debout pour éviter que ça s’éternise.

Chaque membre de l’équipe va alors expliciter ce qu’il a fait depuis le dernier stand-up, ce qu’il va faire jusqu’au prochain et les problèmes qu’il a rencontrés (qu’on pourra coller dans l’arbre à problème, et oui tout se tient) sans rentrer dans le détail en restant synthétique et ne pas résoudre les problèmes en séance. L’idée est d’avoir des points d’échanges réguliers pour faire circuler au mieux l’information ce qui est indispensable dans une équipe auto organisée.

L’intérêt ici est de gagner du temps, c’est-à-dire plutôt que de remonter l’information au manager et que celui-ci répartisse l’information dans les différents membres de l’équipe, l’information circule librement et l’équipe s’auto organise.

5 – La météo d’équipe :

Ce qui est certainement le plus difficile à gérer dans une équipe auto organisée ce sont les relations humaines. Nous ne sommes pas tous tous les jours dans un bon état d’esprit, parfois la vie privée nous rattrape et nous pouvons avoir des sautes d’humeur, être irascible : bref être humain quoi. Il faut arriver à le comprendre et à l’accepter. C’est là qu’intervient la météo d’équipe.

En début de réunion, en début de journée… chacun vient indiquer son état d’esprit du moment en collant un petit symbole météo (soleil, nuage, pluie…) au tableau et en disant quelques mots s’il le souhaite. On améliore ainsi la compréhension et l’écoute entre les équipiers.

météo-équipe

6 – Les besoins, les attentes :

Etre une équipe auto organisée ça veut aussi dire gagner en maturité. Fini les conflits de type cour d’école où on va rapporter à la maîtresse, parce que de toute façon y’en a plus de maîtresse. Il faut être capable de se dire les choses simplement et avec bienveillance. Les besoins/attentes c’est un exercice qui peut se faire à l’occasion des rétrospectives et dans lequel chaque participant va exprimer :

Les besoins, c’est-à-dire ce qu’il a besoin pour être satisfait et efficace dans une situation problématique. Par exemple, un besoin d’être écouté, de partager des idées,…
Les attentes c’est à dire ce qu’il aurait aimé que les autres fassent : « j’attends que… »

7- L’arbre de gratitude :

L’idée ici est de mettre dans une salle de réunion ou dans un service, un arbre de gratitude qui va permettre aux équipes de mettre des post-it sur les feuilles de l’arbre pour remercier un ou plusieurs collaborateurs pour leur aide, leur gentillesse,…

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L’objectif sera de relever le meilleur de chacun pour renforcer la confiance mutuelle et la cohésion d’équipe.

8- Prenez un compliment :

Etre capable de faire des compliments à ses collaborateurs est très important. Cela renforce le lien avec la personne et développe l’estime de soi. Aussi étonnant que cela puisse paraître, les compliments ne sont pas ce qu’il y’a de plus facile : Parce qu’encore faut il bien les faire et bien les recevoir ! Cet outil peut être un bon moyen de les multiplier et de les rendre contagieux ! Alors prenez un compliment, c’est gratuit et c’est agréable!

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9 – Un oeil dans le rétro :

On arrive pas à une organisation parfaite du premier coup, mais l’important c’est de mettre en place une démarche d’amélioration continue qui nous assurera de toujours aller vers le mieux.

Concrètement, il s’agit d’institutionnaliser une cérémonie à échéance régulière (tous les 15 jours, tous les mois selon le contexte) durant laquelle toute l’équipe va réfléchir à ce qu’elle doit améliorer. Une des façons de faire simple et efficace c’est de demander à chaque membre de l’équipe.

* Qu’est-ce qu’on continue à faire ?

* Qu’est-ce qu’on arrête de faire ?

* Qu’est-ce qu’on essaye de faire ?

Voilà, avec tous ces outils en poche, il ne reste plus qu’à s’y mettre. Un peu de méthode et une bonne dose de persévérance et vous devriez y arriver.

Michel Serres dans le nouvel obs : quand je vois un patron avec son staff autour, plein de courbettes, je ne peux m’empêcher de penser aux ruts des wapitis dans les forêts de Californie du Nord.

Michel Serres, membre de l’Académie française.
Michel Serres, membre de l’Académie française. Éric Dessons/JDD/Sipa
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Propos recueillis par Christophe Labbé et Olivia Recasens

On parle partout de la « crise de l’autorité ». Tout le monde cherche l’autorité perdue. Mais de quoi parle-t-on ? Il ne s’agit plus de l’autorité « coup de bâton ». Cette autorité-là n’est que le décalque des conduites animales, celle du mâle dominant chez les
éléphants de mer ou les chimpanzés. C’est pourquoi, quand je vois un patron avec son staff autour, plein de courbettes, je ne peux m’empêcher de penser aux ruts des wapitis dans les forêts de Californie du Nord. Cette autorité-là fait marcher les sociétés humaines comme des sociétés animales.

La hiérarchie est animale, il n’y a pas de doute là-dessus. Dès que vous exercez une contrainte, vous redevenez la « bête humaine ». Le nazisme est le symbole de cette autorité, représentée – ce n’est pas un hasard – par un animal. L’autoritarisme a toujours été une tentation des sociétés humaines, ce danger qui nous guette de basculer très facilement dans le règne animal. En France, une femme meurt tous les jours sous les coups de son compagnon, mari ou amant. Est-ce cela, l’autorité masculine ? L’autorité perdue que l’on essaie de récupérer peut vite conduire au retour de l’autorité « coup de bâton ».

La véritable autorité, celle qui grandit l’autre
Heureusement, la culture humaine a remplacé le schéma animal. Dans la langue française, le mot « autorité » vient du latin auctoritas, dont la racine se rattache au même groupe que augere, qui signifie « augmenter ». La morale humaine augmente la valeur de l’autorité. Celui qui a autorité sur moi doit augmenter mes connaissances, mon bonheur, mon travail, ma sécurité, il a une fonction de croissance. La véritable autorité est celle qui grandit l’autre. Le mot « auteur » dérive de cette autorité-là. En tant qu’auteur, je me porte garant de ce que je dis, j’en suis responsable. Et si mon livre est bon, il vous augmente. Un bon auteur augmente son lecteur.

Dans mon dernier livre (1), je raconte l’avènement d’un nouvel humain, né de l’essor des nouvelles technologies, « Petite Poucette », l’enfant d’Internet et du téléphone mobile. Un clin d’oeil à l’usage intensif du pouce pour converser par texto. L’avènement de Petite Poucette a bousculé l’autorité et le rapport au savoir. Parents et professeurs ont le sentiment d’avoir perdu leur crédibilité dès lors que, face à eux, Petite Poucette tient entre ses pouces un bout du monde. Ce que j’appelle dans mon livre la présomption de compétence. Il y a vingt ans, lorsque, enseignant, j’entrais dans un amphithéâtre, je présumais que mes étudiants ne savaient pas. Désormais, j’ai des Petite Poucette devant moi, qui ont probablement compulsé sur Wikipedia les questions que je traite dans mon cours. À l’égard de son élève, le maître a maintenant cette présomption de compétence qu’il est de son devoir d' »augmenter ».

Autrefois, le médecin pouvait présumer que le patient qui consultait ignorait tout de la maladie dont il souffrait. Aujourd’hui, avant d’aller voir le médecin, on cherche sur Internet des informations concernant ses symptômes, pour tenter de poser soi-même un diagnostic. Le médecin a perdu l’autorité qu’il détenait par la présomption d’incompétence de son patient. Il ne peut plus dire : « C’est moi le médecin, laissez-moi faire ! »

Nouvelle démocratie du savoir.
Avant la génération des Petite Poucette, seuls le tyran, le plus riche ou le plus savant tenaient le monde entre leurs mains. Aujourd’hui, pour peu qu’il ait consulté un bon site, l’étudiant, le patient, le consommateur, ou même l’enfant peut en savoir autant sur le sujet traité que le maître, le médecin, le directeur, le journaliste ou l’élu. Nous disons que l’autorité est en crise parce que nous passons d’une société hiérarchique, verticale, à une société plus transversale, notamment grâce aux réseaux comme Internet. Tout ne coule plus du haut vers le bas, de celui qui sait vers l’ignorant. Les relations parent-enfant, maître-élève, État-citoyen… sont à reconstruire.

Les puissants supposés qui s’adressaient à des imbéciles supposés sont en voie d’extinction. Une nouvelle démocratie du savoir est en marche. Désormais, la seule autorité qui peut s’imposer est fondée sur la compétence. Si vous n’êtes pas investi de cette autorité-là, ce n’est pas la peine de devenir député, professeur, président, voire parent. Si vous n’êtes pas décidé à augmenter autrui, laissez toute autorité au vestiaire. L’autorité doit être une forme de fraternité qui vise à tous nous augmenter. Si ce n’est pas ça la démocratie, je ne connais plus le sens des mots !

1. « Petite Poucette » (Le Pommier, 84 p., 9,50 euros).

Mieux gérer son stress

Il est assez simple de séparer le positif du négatif. Cependant, il peut être très difficile de vous arrêter de courir vers les choses négatives. C’est n’est pas dans la nature humaine, nous sommes programmés pour le faire, avec l’éducation, les médias et leurs infos négatives,… Vous ne devez pas vous sentir mal si vous avez tendance à être pessimiste. Si c’est votre cas, essayez justement d’y faire face.
Voici quelques conseils pour ajouter des influences positives de votre vie :
– Trouvez un endroit heureux. Créer une place dans votre esprit qui est votre paradis idéal. Lorsque vous vous sentez stressé ou que vous avez le moral au plus bas, pensez à cet espace qui regroupe tout ce que vous appréciez.
– Avoir une passion. Faire quelque chose que vous appréciez et qui vous permettra d’éliminer toutes vos mauvaises pensées accumulées depuis un certain temps, vous permettra de maintenir une attitude positive.
– Faites des exercices. Cela peut vraiment apporter des influences positives dans votre vie. La réaction du corps à l’exercice est une bonne chose. Vous vous sentirez mieux après vos efforts, ce qui, j’en suis sûr, vous incitera à faire cela plusieurs fois par semaine suivant vos disponibilités.
– Trouver des affirmations. Les affirmations sont des dictons, des vers ou tout autre texte qui ont une influence positive, car ils vous font penser à un heureux événement ou tout simplement vous font sourire. L’utilisation d’une affirmation quotidienne peut vous permettre de retrouver le moral en un instant.
– Explorer de nouvelles choses. Au lieu d’essayer de contourner toutes nouvelles expériences et de vous tenir à l’écart de l’inconnu, foncez !
– Ignorer les règles. Vous pouvez finir par avoir un moment de plaisir tout simplement parce que vous faites quelque chose qui vous a été expressément demandé de ne pas faire. Défier l’autorité peut vous permettre d’avoir une poussée d’adrénaline.
– Ne contournez pas les défis. Acceptez les défis que la vie ou les personnes vous imposent et essayez de trouver des moyens de les surmonter. La satisfaction du devoir accompli vous permettra de prendre confiance vous et de voir la vie de manière beaucoup plus agréable.
– Respirez en conscience, focalisez votre attention sur votre respiration, ne remplissez pas seulement vos poumons mais tout votre être. Visualiser une énergie positive qui vient nourrir votre corps; inspirer du positif et expirer du négatif.
– Vous pouvez prendre ces conseils et en tirer parti. Vous pouvez certainement trouver des choses qui vous permettront de vous rendre heureux, de vous faire sourire… Cela vous guidera pour adopter une attitude positive dans toutes les circonstances de votre vie.