La caverne de Platon, ou comment sortir du confinement des silos en entreprise ?

La caverne de Platon nous encourage à aller vérifier ce à quoi nous croyons. C’est comment en vrai, dehors ?

Chez Platon, un archétype est un prototype des réalités visibles du monde.  D’après Karl Gustav Jung, une réalité globale est issue de la somme des archétypes d’un groupe, c’est à dire de la puissance des courants de pensées qui composent ce groupe.

Par exemple, on a l’archétype « le monde est un danger, il faut s’en protéger », la pensée archétypale étant que l’ensemble des personnes qui le pensent trouveront à se confirmer ce qu’elles se disent et ce en quoi elles croient en rencontrant des personnes qui pensent comme elles et qui d’ailleurs tiennent les statistiques confirmant que « le monde est un danger ». Il y a d’autres pensées archétypales, comme par exemple une qui est représentée par des personnes qui pensent que la vie est une opportunité et qui donc vont rencontrer sur leur chemin de vie des personnes qui pensent comme elles et qui démontrent tous les jours que leur vie est une somme d’opportunités. On connaît tous des entrepreneurs toujours prêts à rebondir, des voyageurs du monde etc…

Comme dans la caverne de Platon, il est donc très difficile de convaincre un groupe qui a une croyance, de sortir à l’extérieur…de sa forme de pensée. Beaucoup restent enfermés (confinés ?) dans un système et le défendra bec et ongles. C’est ce que je vis en intervenant en entreprise. Les uns veulent me convaincre que ce sont les autres qui ont tort, et vice versa.

Demandons nous alors quelles sont les pensées des personnes qui composent un groupe pour en arriver à générer des réalités visibles de blocage et de tensions en entreprise.

Pour essayer d’y répondre, je prend les exemples les plus courants dans mon métier de coach lorsque j’interviens auprès d’équipes : on me décrit un paysage avec des équipes qui s’évitent, travaillant à l’écart les unes et des autres, passant par l’e-mail pour échanger, et s’appuyant sur les « process » pour ne pas avancer en direction de la demande d’une autre équipe sur le même site. Cela génère de la fatigue, de l’usure, de la démotivation, et de la méfiance générale.

On me parle dans les entreprises du mot « silo », comme si chaque équipe s’enfermait à l’abri de ses murs, comme si chacun se CONFINAIT par crainte de l’autre.

Alors, quel est donc l’état d’esprit qui a fait que chacun se confine comme ça à l’abri des autres ?

Souvent, c’est la logique financière qui a pris le pas sur le bon sens : « dans ce service, ils ne regardent que leurs propres objectifs financiers d’équilibre et pour eux on passe après ». C’est clair que lorsqu’un responsable d’activité doit réaliser son objectif chiffré mensuel, la seule chose qui l’importe c’est son chiffre, et sa devise est alors : « les autres attendront ».

Mais, si je réfléchis à ce qui a amené cette situation où chaque service regarde d’abord ses propres objectifs, je vais chercher des réponses au niveau de l’état d’esprit des personnes qui composent l’équipe. Puisque les pensées créent nos réalités visibles, alors comment pensent ces personnes ? J’observe toujours de la méfiance, du jugement de valeur, un fort sentiment de ne pas compter, un sentiment de ne pas avoir eu son mot à dire, la peur d’être exclu, oui, je dis bien la peur. De la méfiance découle l’individualisme jusqu’à l’exclusion de ce que pense l’autre, au détriment de la collaboration. Moins d’acceptation des autres, de capacité à s’ouvrir à d’autres points de vue, et je vois plus de susceptibilité. La peur, sans faire de liste exhaustive, c’est la peur de perdre son emploi, la peur de ne pas être à la hauteur, la peur de solliciter de l’aide, de déranger son hiérarchique…, de se prendre un méchant e-mail copié en direction de toutes les personnes qui ne sont même pas concernées.

Il y a comme une forme de toxicité des liens et des relations entre personnes, une crainte des relations, et cela s’est accéléré depuis quelques années. Le risque, c’est que plus nous focalisons sur les tensions, les frustrations, les peurs, plus des archétypes de peur, de méfiance, d’individualisme vont s’installer, remplis par ces personnes sous pression qui se conforteront entre elles que « les autres sont à l’origine de leurs problèmes ». Plus ces personnes focaliseront sur ces comportements de méfiance, de peur, plus les croyances de chacun vont s’incarner dans des comportements agressifs, pouvant générer de la violence verbale et physique.

Pour ceux qui en doutent, j’ai un exercice à vous proposer, celui de la spirale ( lien) ici joint, d’une quinzaine de secondes, c’ est une bonne représentation de notre capacité à reproduire autour de nous nos croyances sans même nous en apercevoir. Influencée par la spirale, votre paume de main juste en l’observant, se met à tourner comme elle ! La façon dont nous appréhendons la réalité, le passé, le présent et le futur, a une influence directe sur la réalité et peut aller jusqu’à « l’impuissance apprise ». J’en parle dans mon article du même nom.

Nous sommes maîtres à bord de notre vie, et à partir du moment où nous sommes conscients de ce phénomène, c’est à chacun de nous de se poser et de tendre la main à l’autre. On peut évidemment rejeter cette possibilité en continuant à « charger la barque des autres », mais lorsque l’on fait attention aux autres, en leur donnant de la considération, de l’écoute, du temps, du partage, on devient plus conscient qu’on est mieux à deux que tout seul.

Je mesure les impacts de ces changements grâce à des coaching que je réalise.

Alors, ce serait comment si chacun de nous acceptait de se remettre en question pour être en mesure de mettre en avant la compréhension, l’entre-aide, la collaboration, l’inclusion, la considération, et pas la polémique, la peur, la méfiance, le jugement mais aussi la compétition nocive ? Ne pas se remettre en question revient à accepter le confinement des silos en entreprise.

Patrick Krzyzosiak, non loin de Paris, le 28 mars 2020

Pour faire l’exercice de la spirale : Copiez ce lien et ouvrez youtube     https://youtu.be/p6zq7BDSBcc

 

 

 

Regardez cette vidéo de la spirale pendant 10 secondes sans la lâcher de vue. Ensuite regardez une des deux paumes de main et voyez alors ce que vous voyez…(cf. PJ lien vidéo). Si cela vous trouble, transférez la vidéo à vos amis.

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