Management éthique 

Je pense parfois à cette phrase de Gandhi  : « c’est en nous même que doit se faire le changement que nous voulons voir autour de nous. »  Or, c’est comment autour de nous ? La guerre, les horreurs, les morts, l’esclavage d’enfants dans les pays qui fabriquent nos iPhone….la liste est longue.  Je médite aussi sur nos progrès réalisés depuis 50 ans, ces merveilles médicales, la technologie, nos médicaments,  les actes humanitaires dont nous sommes capables. 

Je suis plus que convaincu que si nous voulons changer les horreurs qui nous entourent nous le pouvons. Et c’est plus simple qu’il n’ y paraît car cela consiste à changer son comportement en redevenant attentionné avec la personne devant nous : notre voisin, le serveur de cafe, le vendeur, vos enfants, votre mari ou votre femme. 
En commençant aussi par être attentionné avec nous même, en ne nous jugeant plus et en ne nous comparant plus à qui que ce soit pour ne plus juger quiconque. 

Pourquoi ce point de vue simple ? Je vais tâcher de m’expliquer ici en me référant à la phrase de Gandhi. 
J’ai trop vu de personnes fatiguées et déçues par l’être humain et qui me disent être interrogatives et tristes et révoltées quant à tout ce qui se passe au loin ou dans nos banlieues. Je rencontre beaucoup de personnes préoccupées et fatiguées par les  » luttes » entre collègues au bureau et qui ne supportent plus la pression. Ça a donc fait du bien toutes ces mobilisations qui ont surgi en france et même dans le monde entier : plus d’empathie après les attentats du 7 janvier, plus d’amour aussi. Moi aussi je suis préoccupé et concerné par ce qui est arrivé  et cela me révolte.

Mais on peut s’étonner de tant de bonnes volontés pour une cause qui nous a tous touché alors que nous ne montrons pas cette même bonne volonté dans les petits gestes de notre vie quotidienne. Observons un peu les injustices que nous entretenons dans nos actes quotidiens. Vous voyez ce que je veux dire ? vous savez de quoi je parle quand on observe toutes les impolitesses spontanées dans les transports, ou les dénigrements entre voisins de paliers, les luttes d’influence au bureau, les indifférences à son prochain, les jalousies, l’envie, les mensonges, les peurs …. Qui les entretient sinon nous mêmes ?  soit en tant qu’initiateur soit en tant que victime qui subit l’autre et qui va réagir pour ne pas se laisser faire, et on ne sait plus qui a initié la lutte et le dénigrement.  Moi? Lui ? En tant que médiateur je reste toujours étonné de la puissance des arguments des deux parties qui « se tapent dessus ». Qui croire ? Comme dans mon enfance, lorsque nous jouions dans la cour d’école,  la maîtresse assistait à nos petites colères et nous séparait en nous punissant l’ un et l’autre  en se disant que l’un et l’autre y était bien pour quelque chose  ; j’en viens à y repenser. Au fond, malgré les années, rien n’aurait changé ? 

Observons aussi la télé qui met en avant nos jeunes déjà intronisés « stars » et dont la popularité est d’autant plus forte qu’il s’insultent ! et la liste est longue de jeux de guerre en PlayStation. L’autre jour, alors que je lisais mon quotidien gratuit sur le web,  une publicité de la PlayStation sur le dernier jeux de guerre à la mode me sautait aux yeux ! L’article que je lisais répétait  » plus jamais ça ! Paix sur terre « .  Cette publicité intempestive sur la guerre vantait la guerre ! En même temps ! Qui entretient cela ? nous mêmes  ! Peut être pas moi directement mais un ami d’un ami qui y travaille, un de mes enfants qui y joue.  Autrement dit ce climat de guerre est vraiment entretenu par nous même d’autant que nous persistons à entretenir un avis négatif contre notre concierge d’immeuble ou contre la femme de ménage que nous employons,contre notre belle maman qui nous dérange, contre la nouvelle collègue qui ne nous ressemble pas,  j’en passe et des meilleures. N’avons nous pas remarqué notre propension au jugement ? 

On peut être horrifié par  ce que se passe en Syrie ou en Palestine ou en Afrique ou en Chine dans leurs usines, et maintenant ici chez nous, mais l’hypothèse que je formule c’est que par nos comportements quotidiens nous le rendons possible : nos doutes sur nous mêmes, mais aussi nos jugements sur nous et sur les autres, et répétons le tout haut, nos jalousies, les compétitions qui sont exacerbées depuis notre enfance, notre mauvaise foi…si..si, dans certaines situations, mais aussi en poussant plus loin, notre égoïsme …. Tout ce que nous disons subir qui est à l’extérieur de nous me paraît être un miroir gigantesque de ce que nous vivons en nous et que nous faisons vivre aux autres sans nous en apercevoir tout à fait. 

Le pouvoir que l’on a de changer cela est donc à notre portée  : dire bonjour à son voisin, décider de ne plus l’attaquer en justice (car son chien creuse des trous dans notre jardin).  

Merci Gandhi et merci aux personnes que j’accompagne en coaching car ils me permettent ce recul de tout ce que je viens d’écrire. Et cela me concerne aussi car c’est à moi de faire respecter ce que je veux voire autour de moi : ne pas faire la morale à d’autres sur ce qui serait mieux pour eux, si déjà soi même je continue d’entretenir dans ma vie quotidienne un climat de dénigrement, de jugement, de jalousie, d’envie ou de peur, dénigrement contre moi ou contre d’autres. 

Je dis bien ne plus nous faire la morale à nous mêmes,  car en observant bien l’une de nos journées, nous pourrions constater que nous n’arrêtons pas de nous juger, de nous critiquer et je mesure ô combien de fois nous nous en voulons lorsque nous pensons avoir commis des erreurs ou si l’on estime que nous n’avons pas atteint la perfection. 

Un homme que je coach me disait qu’il était fatigué par les comportements de ses collègues et responsables au bureau, outré de leur mesquinerie. Cet homme le vit vraiment très mal et c’est pour cette raison qu’il a choisi de se faire coacher. Mon métier étant de ne pas le juger, j’ai surtout accueilli sa souffrance et l’incompréhension qu’il subit.  Mais alors que nous avions rendez-vous pour une séance de coaching, un incident salutaire arriva. Il venait de s’en prendre à l’hôtesse d’accueil qui lui avait servi un café sucré alors qu’il lui avait demandé « sans sucre ». La personne de l’acceuil  s’était trompée et s’en était excusée. Sa réaction a été dure, et l’hôtesse s’en est plaint.  J’ai demandé à mon client ce qu’il en pensait. Bien sur il a trouvé tous les torts â l’hôtesse, puis sentant qu’il tournait en rond dans ses arguments et que je n’étais pas convaincu, il a finit pas me parler de son stress à cause de son entreprise etc. 
Mon questionnement l’a amené à réfléchir au fait que si nous agissons tous ainsi, nous ne pouvons alors pas prétendre donner des leçons de morale à ceux qui s’en prennent plus gravement à d’autres car nous sommes aussi mal placés qu’eux. Nous ne pouvons pas les juger ou les condamner si nous mêmes nous continuons à juger gratuitement les autres et à entretenir ce climat. Depuis les attentats de début janvier, il est revenu sur cette histoire et il a décidé de s’observer dans son quotidien avec plus de conscience qu’il ne le faisait auparavant. Il se montre plus sympathique avec ses équipes et il ne cherche plus à convaincre et â critiquer avec véhémence. Il est plus à l’écoute et il leur montre plus d’importance. C’est déjà un net progrès observé, et son responsable le lui a fait remarquer. Cela l’a beaucoup encourage car comme il me dir c’est un  » combat de tous les instants de rester éveillé ».

Combat, en voilà un mot pour entretenir un climat d’amabilité. Alors je lui ai dis de remplacer le mot combat par  » effort  » .  En faisant un effort de respect et en disant :  » désolé, ce n’est pas grave ce n’est qu’un café »,  il aurait pu faire vivre les beaux principes et les valeurs de solidarité qu’il souhaitait voir émerger dans son équipe au bureau.  Il a mieux compris. 
Je vous souhaite une belle année en vous rappelant de faire régner l’empathie et la douceur autour de vous même si c’est un « effort » car rien n’est simple. Cependant, grâce à l’Analyse transactionnelle ( lire l’ouvrage du Dr Eric Berne,  » Que dites vous après avoir dit bonjour ?  » ) on mesure assez facilement que les tensions et les conflits sont les résultat d’un manque de reconnaissance par les autres et….par soi même.  

Alors n’hésitons pas à développer la reconnaissance positive même lorsque le climat se détériore. Car c’est le seul moyen de ne pas se laisser déborder. Un  » Stroke » ( = un signe de reconnaissance – traduit en français-  donc un mot positif pour son voisin, un encouragement envers sa collègue ) a beaucoup plus d’impact positif qu’on ne le croit  car il,en entraînera beaucoup d’autres. 
Patrick krzyzosiak
Paris, le 25 janvier 2015

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